la Terreur JCMartin

 

" Mort du Roi et de la Reine, massacres de Septembre et guerre de Vendée, guillotine et loi de Prairial sont autant d'exemples de ce qui paraît, au pire comme une barbarie contredisant les idéaux humanistes proclamés par les révolutionnaires, au mieux comme le résultat malheureux de la guerre contre les contre-révolutionnaires. Alors, dérive inéluctable annonçant les totalitarismes ou rigueur inévitable pendant une guerre civile, la Terreur est au coeur des débats sur la nature même de la Révolution.  

Aucun accord n'existe ni sur sa durée, ni sur son ampleur, ni sur ses auteurs."

 
Jean-Clément Martin * explique dans son livre "La Terreur, part maudite de la Révolution" ce que fut cette période de la Révolution française qui, par les querelles et les polémiques qu'elle suscite, peut, pour certains, remettre en cause le sens même de la Révolution. 

  Il démontre que, par idéologie, la Révolution fut (et est encore) souvent réduite à la Terreur: " la culture de la France contemporaine naît de la réaction  de 1794-1795 (réaction thermidorienne). Vengeances et règlements de compte, propagande, romans et spectacles "inventent" la Terreur. L'idéologie prend le pas sur la vérité historique (...). La Révolution est ainsi résumée à la Terreur et " 89" réduit à une démocratie fragile ".

 

* professeur d'histoire de la Révolution française à l'université Paris I-Panthéon-Sorbonne et directeur de l'Institut d'histoire de la Révolution française (CNRS). Depuis 2008, il est professeur émérite à l’Université de Paris I-Panthéon-Sorbonne.

 

On pourra écouter ici l'entretien que Jean-Clément Martin a accordé à Patrice Gelinet dans l'émission de France-Inter  "Deux mille ans d'Histoire".

 

Partie I

 

 

 

 

Partie II

 

 

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Gainsborough
L'événement fâcheux  qui arriva un jour à Louis XVI est connu (je pense l'avoir raconté ici, il y a longtemps, on doit surement pouvoir le retrouver quelque part, dans le fouillis des archives de ce blog) : Louis XVI s'était un jour assis sur sa chaise percée sans remarquer que tout au fond, un chat  y était confortablement installé.

" Pendant un certain temps, tout alla bien du côté de l'animal; la privation d'air n'avait point interrompu ses ron-ron. Mais à un moment donné, qu'il n'est point facile de désigner et que l'on devine, le matou se fâcha bel et bien, et témoigna son mécontentement par des efforts extraordinaires pour sortir de sa malencontreuse position.

Le Roi, aussi effrayé que surpris de cette véritable attaque à main armée, prit aussitôt la fuite, le haut de chausses à la main, et courut se pendre à toutes les sonnettes, tandis que de son côté, le captif, dans un piteux accoutrement brisait porcelaine et vases, cherchant partout une issue qu'on se hâta de lui offrir ".

Un incident certes fort désagréable mais si cocasse que  le comte d'Hézecques se fit un plaisir de le relater.

Le  général-baron Thiébault, dans ses Mémoires, livre, lui, une autre anecdote, peut-être moins célèbre, bien moins amusante, et pour le moins consternante:  

" La comtesse de Maurepas était précédée par un joli petit épagneul, qui se trouvait déjà tout près du roi. Dès qu'elle reconnut celui-ci, elle se hâta de rappeler son chien, en s'inclinant profondément. De suite, le chien se retourna pour accourir vers sa maîtresse; mais Louis XVI, qui tenait à la main un jonc énorme, lui cassa les reins d'un coup de gourdin. Et pendant que des cris échappaient à la dame, pendant qu'elle fondait en larmes et que la pauvre bête expirait, le roi continuait sa promenade, enchanté de ce qu'il venait faire, se dandinant un plus que de coutume, et riant comme le plus gros paysan aurait pu le faire".

 

 

 

source : magazine Château de Versailles - N°4 : "Les animaux domestiques" par Nicolas Milovanovic (Conservateur au château de Versailles)

 


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Jean-Clément Martin

La Révolution française n'en finit décidement pas de susciter des débats passionnés et passionnels.

Avec le récent livre de Reynald Sécher, "Vendée. Du Génocide au mémoricide. Mécanique d’un crime légal", livre qui provoque maintes controverses parmi les historiens ou autres,  le débat actuel porte sur la notion de "génocide vendéen" : en d'autres termes, la République organisa-t-elle un génocide en réprimant ce qui fut dans un premier temps une jacquerie paysanne, puis une révolte en 1793 déclenchée par la levée en masse de 300.000 hommes avant de devenir un mouvement contre-révolutionnaire. Alors,  la guerre de Vendée, un génocide ou une guerre civile, atroce, comme toutes les guerres civiles ?.

Si, au sujet de la Vendée, on parle de génocide, pourquoi ne pas dans la foulée proclamer que l'Eglise catholique organisa le génocide des Cathares, que Louis XIV fut lui aussi un génocidaire en mettant à feu et a sang le Palatinat, etc. etc.
Même si certains voient dans tout ceci  un regain de mépris, voire plus, à l'égard de la Révolution française, tout débat sur ce sujet est nécessaire et sain. Qu'il soit serein est une toute autre affaire. Il ne l'est pas et il est regrettable que fusent ici ou là des noms d'oiseaux, autrement dit, des insultes. L'insulte n'est pas un argument.

  A lire : "La Vendée et la Révolution" de Jean-Clément Martin.

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Casanova1788

 

  Lui qui, parti de rien, obtint (et perdit) tout, lui qui aimait tant apercevoir son reflet dans les miroirs dorés des Cours princières européennes, lui pour qui la vie n'était qu'un vaste théâtre où il s'enivrait des applaudissements d'un public émerveillé devant son parcours (et ses "accidents" de parcours...) serait aujourd'hui comblé. Comblé et sûrement ému. Car en cette année 2011, il est encore une fois sous les feux de la rampe, l'objet de tous les questionnements,  j'oserais même dire l'objet de toutes les affections, de toutes les tendresses. Documentaires, livres, dossiers abondent ce mois-ci.

la Bibliothèque nationale de France (BNF), ayant acquis en février 2010 le manuscrit écrit en français de " l’Histoire de ma vie", célébre  jusqu'au 19 février 2012 cet événement en consacrant  à cet homme d'exception une remarquable  une exposition   " Casanova ou la passion de la liberté ".



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" Oh Lord, whose mercies numberless"

Acte I Scène V - aria de l'oratorio Saul (HWV 53),composé par Georg Friedrich Haendel, créé en 1739 au King's Theatre de Londres.

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rubans et larmesEn janvier 1779, un quartier parisien, entre la Seine et Notre-Dame, est en émoi. C'est un quartier populaire où se côtoient domestiques, artisans, apprentis,  où tout se sait, tout s'entend. La rue voit, la rue parle.  Et en ce mois de janvier,elle parle surtout de la conduite scandaleuse d'Anne-Sophie, épouse Branchu, qui, de l'avis de tous, se comporte comme une débauchée. 
Bien que les époux soient séparés de corps et de biens depuis cinq ans, Branchu, marchand-ferblantier de son état, tient à sa réputation et à son honneur. Il tient aussi beaucoup à son commerce. Et à ce titre là, " Anne-Sophie est un danger économique pour son époux"  (Arlette Farge). 

Excédé par ce libertinage effréné et fort de 17 témoignages, tous accablants et tous - étrangement- concordants, Branchu intente à sa femme un procès en adultère, crime très grave et "chose rare à l'époque" selon Arlette Farge, qui s'est plongée, avec un plaisir non dissimulé, dans les archives de ce procès, et dont l'étonnement grandit au fur et à mesure qu'elle feuillette "ces folios, écorchés, abîmés par le temps". Car les pièces d'accusation tracent non le portrait d'une ferblantière dévergondée mais celui d'une aristocrate libertine. Les témoins parlent de rubans, de bijoux, de goût du luxe, de débordement des sens, de volupté, de lits de roses, de liqueurs, de baisers reçus et donnés à la hâte. Anne-Sophie Branchu... une marquise de Merteuil, une madame de Parabère ?
Arlette Farge mène avec gourmandise son enquête, je n'en dévoilerai donc pas la fin (étonnante), sachez seulement qu'Anne-Sophie fut un temps enfermée au couvent Saint-Michel puis dans la prison du Grand Châtelet où elle tomba très malade.

Ce livre interpelle. Sur la condition de la femme mariée bien sûr, mais aussi sur le libertinage : était-il, au XVIIIe siècle, uniquement le fait du prince ou aussi celui du manant?
Si l'on en croit les écrits de plusieurs témoins de l'époque, que ce soit Casanova (relisons ses Mémoires!) ou Mercier (qui dénonce la généralisation de l’adultère à la veille de la Révolution), cette liberté des mœurs ne se limita pas à la classe dirigeante; elle se diffusa aussi dans les milieux bourgeois, dans le monde ouvrier des grandes villes et même dans le monde rural qui rivalisait plus fréquemment qu'on ne le croit avec la paillardise ou la licence nobiliaire. A cela, on peut hasarder quelques explications: outre "l'air du temps", la faute à ces mariages de convenance et d'intérêt dans lesquels l'amour n'était pas vraiment de mise, au nomadisme des travailleurs (quelquefois bigames) obligés pour des raisons économiques de se déplacer de ville en ville.
Toutefois, la femme du peuple obéissait en général aux règles morales et évitait de transgresser les interdits religieux, car pour l'Église, l'adultère qu'il fut noble ou bourgeois, restait un crime capital, surtout pour la femme qui, "souillant de ce fait l'honneur du mari",  était soit emprisonnée, soit, comme l'écrit en 1779, Claude Joseph de la Ferrière dans son "Dictionnaire de droit et de pratique ", perdait sa dot et ses conventions matrimoniales et devait être mise dans un couvent pour deux ans pendant lesquels il était permis à un mari de la reprendre. Ledit temps passé, elle devait y demeurer enfermée à perpétuité". La Ferrière ajoute: " on voit assez que cette punition est "pour la satisfaction du mari"...

Car, que les accusations ou les arguments soient vrais ou faux, la rumeur, l'argent et la réputation jouaient un rôle essentiel dans ces procès longs et douloureux et qui, en effet,  se terminaient la plupart du temps par la victoire du mari.


 

Un ruban et des larmes

Arlette Farge

Editions des Busclats

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Ego

 

MARTINEC
 
J'aime Paris, Venise.
 Et le 18ème.

 Tout ou presque tout m'intéresse dans ce siècle, "siècle du plaisir qui, loin de le traiter comme une vaine dissipation, s'y plonge avec délices et s'abandonne jusqu'au vertige à l'enchantement des sens .
En m'excusant auprès de ceux qui auraient un soupçon de connaissance sur les sujets effleurés et en espérant ne
pas donner la migraine à l'université...
Martine Chabbert
.

 




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