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le temps des illusions

 

Il en est de ce livre comme d'une savoureuse patisserie. On le déguste lentement, bouchées après bouchées, essayant d'en retarder autant que faire se peut (et ce n'est pas toujours aisé) l'absorption.

Par volupté et gourmandise. 
Ce "Temps des illusions" d'Evelyne Lever est donc une délicieuse "merveille".

Alliant la fluidité de l'écriture à une robuste documentation (mais est-ce utile de le dire?), l'historienne nous entraine de 1715 (mort de Louis XIV) à 1756 (milieu du règne de Louis XV) dans la grande et petite histoire de Versailles et de Paris au travers d'anecdotes toutes aussi délectables les unes que les autres. 

Scandales de Cour ou scandales financiers, trépidations de la vie parisienne, effervescence des idées, critiques de la religion et de l'absolutisme, insouciance et frivolité, légèreté des moeurs... Autant d'ingrédients fatals. Cette première moitié du XVIIIè siècle annonce en filigrane la fin de cette "douceur de vivre" de l'Ancien Régime, si chère à Talleyrand et qu'Evelyne Lever appelle "le Temps des illusions". 

 

" Le temps des illusions"
Chroniques de la Cour et de la ville"

1715-1756

Evelyne Lever

   Fayard

 


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Un portrait de Casanova. "Encore un", me direz-vous... Mais quand un homme a écrit "Cultiver les plaisirs de mes sens fut, dans toute ma vie, ma principale affaire; je n'en ai jamais eu de plus importante", avouez que l'on ne peut tout de même pas se lasser de lire et relire ses écrits ou ce que l'on a dit de lui. Donc, re-Casanova. Un portrait vivant, brossé par un passionné (Maxime Rovere).
RovereCasanova


Résumé
: Il n’a pas fallu longtemps, un siècle tout au plus, pour que Giacomo
Casanova (1725-1798) prenne sa place au Panthéon des mythes. Fils d’une modeste famille de comédiens, il est devenu, à la faveur de ses Mémoires, Histoire de ma vie, une figure de référence dans l’art de la séduction. Mais qu’était-il vraiment ? Un agent secret, un aventurier cosmopolite, escroc à ses heures ? Pour aborder Casanova, il faut se garder d’appliquer à son histoire les catégories issues des deux siècles qui nous séparent de lui.
Le dépouillant de ses attributs de surmâle, Maxime Rovere en fait un éternel amoureux joueur de cartes invétéré, mais aussi un voyageur insatiable, un homme de lettres éperdu de projets, un grand amateur de vins et un incomparable gastronome, en somme le chantre d’une liberté nouvelle, praticien volontaire d’une philosophie joyeuse et hédoniste.

                                          "Casanova"
                                           Maxime Rovere
                                               Folio

 

Autre grand séducteur, autre grand érudit, doublé cette fois d'un politique libéral et éclairé : le Régent.
Visiblement passionné lui aussi par le personnage, Patrick Pesnot a choisi la forme du roman historique pour nous présenter Phlippe d'Orléans. Un livre fort bien documenté, écrit dans un Français châtié et qui a le mérite d'expliquer, de façon claire et plaisante, quelques affaires aussi sombres qu'embrouillées (Law, Cellamare etc...).

leRegentPatrickPesnotRésumé : Enfin il règne ! Philippe d'Orléans, tenu en lisière par son oncle Louis XIV et par Mme de Maintenon, prend sa revanche en septembre 1715, à la mort du Roi-Soleil.
Épaulé par son ami Saint-Simon et conseillé par un homme aussi habile que dénué de scrupules (le futur cardinal Dubois), il fait casser le testament royal et, à l'issue d'un véritable coup d'État pacifique, il triomphe de ses ennemis et devient Régent de France. Commence avec lui une période où chacun essaie d'oublier la férule imposée par la Maintenon. Et si la Régence est marquée par de nombreux excès, elle inaugure une liberté inédite qui conduira aux Lumières.
En ce sens, Philippe est un novateur et ses nombreux signes de sagesse portent le sceau d'un grand homme d'État attaché à préserver la paix en Europe. Usé par la vie intempérante qu'il a menée, ce cynique, qui n'a pourtant jamais oublié son premier amour, n'a que peu d'années devant lui pour préserver la vie du petit Louis XV et le conduire aux marches du trône. Patrick Pesnot achève ici avec brio l'épopée haute en couleur du Régent, mêlant l'anecdote et la " grande " histoire, la violence des sentiments amoureux et des haines politiques, la farce et la tragédie.

 

                           "Le Régent - Le guerrier libertin" (T.I).
                            "Le Régent - Le règne du Sphinx" (T.II).

                                       Patrick Pesnot
                              Nouveau monde éditions

 

Et enfin, un petit bijou. 
Pour ceux qui aiment Venise, bien sur, mais par forcément la Venise du XXIème. Pour ceux dont l'imaginaire se complait dans cette Cité des Doges irrémédiablement perdue, celle des temps anciens. Pour ceux qui aiment, comme je l'aime, la peinture vénitienne,  notamment, ce peintre mélancolique, Lorenzo Lotto, et son étrange, insaississable tableau : " Jeune homme lisant ".

nouvelles venitiennesRésumé : Avec Nicolo, joueur de dés du XIIe siècle, ou Julien, reporter photographe d'aujourd'hui, sans compter Lorenzo Lotto ou Veronica Franco, on entre de plain-pied dans Venise.
Chaque personnage mis en scène ici, à sept moments différents de son histoire, entretient un rapport particulier, d'amour ou de haine, avec la ville. Entre artistes, prostituées, philosophes ou gens de peu, se noue un lien à la fois profond et subtil ; l'art, la douleur, le plaisir, la solitude s'entremêlent dans un labyrinthe utopique et féroce, image même de la création. Aussi bien pour ceux qui ont à découvrir la Sérénissime que pour ceux qui croient la connaître, Nouvelles vénitiennes en révèle les mystères et la beauté.

 

 

                                  "Nouvelles vénitiennes"
                                    Dominique Paravel

                                      Serge Safran

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A lire sous la couette ou enroulé dans un plaid doux et soyeux. Ou bien, si Phébus daigne nous faire enfin un clin d'oeil en ce mois de juillet 2011, allongé dans l'herbe verte et grasse, sur un plaid tout aussi moelleux.

Tout d'abord, un livre que j'ai déniché chez un bouquiniste, un livre de poids, à l'image de cette - remarquable - princesse qu'était la Palatine.

Palatine

Résumé : " Voilà un deuil pour toute l'Europe. On perd une bonne princesse et c'est chose rare. " Cet éloge, écrit par le chroniqueur Mathieu Marais au lendemain de la mort de la Palatine, est sans doute la plus belle oraison funèbre d'une femme exceptionnelle, que l'on a trop souvent décrite comme une Allemande à peine dégrossie dont les manières rustiques et le caractère sauvage auraient déparé la cour la plus raffinée du monde...
Epouse de Monsieur, duc d'Orléans, et donc belle-soeur de Louis XIV, mère du Régent, ennemie farouche de Mme de Maintenon, Madame est un témoin capital du Grand Siècle. Sa jeunesse mouvementée en Allemagne, son mariage avec un prince qui n'avait d'yeux que pour ses mignons, les cinquante années qu'elle passa à Versailles font d'elle un personnage hors du commun.

Peu d'existences de cette époque sont si bien documentées et pourtant si mal connues.
Née dans une famille d'incorrigibles épistoliers, la Palatine correspondit avec la plupart des cours d'Europe: elle aurait écrit près de 60 000 lettres, dont un dixième est conservé. Mais cet océan d'encre - paroles de femme, paroles d'exil -, qui nous renseigne avec un luxe inouï de détails sur la vie et les opinions de Madame, a été jusqu'à présent peu exploité ou mal traduit. Or le franc-parler de la Palatine, son solide bon sens détruisent l'image de " Commère du Grand Siècle " que le XIXe avait forgée d'elle et font par ailleurs revivre une femme aussi lettrée qu'une princesse pouvait l'être sans verser dans le ridicule.
                                           "Madame Palatine, princesse européenne" 
                                   Dirk Van der Cruysse 

                                       Fayard 1988

 

 

 

A lire en écoutant quelques notes du Quintette en sol mineur K. 516 ou du Concerto pour piano en mi bémol majeur K. 482, les vissicitudes, les péripéties de Mozart lors de ses différents séjours à Paris.

MozartetParis
Résumé
: En bref, voici reconstitués, pas à pas et illustrés d’une superbe iconographie, les trois séjours du grand virtuose dans la capitale française.
Le livre Mozart à Paris, ou la naissance d’une légende. Il n’a que huit ans lorsqu’en 1763, ses sonates pour piano et violon éblouissent la cour de Versailles. Porté aux nues par la marquise de Pompadour, reçu par Louis XV et applaudi par Grimm, l’enfant prodigue déchaîne l’enthousiasme des Parisiens. Le deuxième séjour, en 1766, est de courte durée : le compositeur revient de Hollande où il a failli périr du typhus. Mais Paris le fête. Mozart donne un concert public et pose devant les pinceaux du peintre Ollivier, au clavecin, dans le salon du prince de Conti. Il reviendra dans la capitale une dernière fois, en 1778, faisant jouer aux Tuileries la Symphonie parisienne. Sombre séjour, marqué par la mort de sa mère, les difficultés financières, la trahison de Grimm et l’échec de sa relation amoureuse avec la chanteuse Aloysia Weber. La ville qui l’a adulé à ses huit ans l’a bel et bien oublié, voire trahi. Des noces finalement déçues de Mozart avec la cité parisienne, plusieurs chefs-d’oeuvre demeurent, dont le ballet Les Petits Riens et La Chasse en la majeur.

Une immersion exceptionnelle dans l’univers du grand génie de la musique classique.

                                          " Mozart et Paris"
                                         Natalia Smirnova

                                            CNRS éditions

 



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01Chénier Marie-Joseph

 

 " La société doit accorder aux citoyens un droit égal. L'homme qui publie ses opinions en quelque matière que ce soit ne nuit point au droit d'un autre homme.

Donc, toutes les opinions doivent être INDIFFÈREMMENT discutées".

 

En ce 4 juillet 1789, Marie-Josèphe Chénier, frère du poète André, rédige d'une plume-colère (colère trop longtemps contenue) un violent réquisitoire contre ces "eunuques dont le seul plaisir est d'en faire d'autres", à savoir contre ces censeurs de tout poil (il en répertorie 17 espèces) qui sévissent sous l'Ancien Régime et qui clament " Mais on jouit en France de la liberté de pensée: qu'est-il besoin d'écrire ce que l'on pense?".

 Ce à quoi Chénier réplique: " J'ai voulu publier ma pensée, ils ont voulu me borner à publier la leur. Ils ont blessé mon droit légitime, je n'ai blessé que leur amour-propre".
Les inquisiteurs de la pensée sont partout. Parmi les princes, les ministres, les évêques,  les commis, les valets "nommés gentilshommes". En un mot, parmi tous ceux qui appartiennent à cette " race immense et rampante tenant au despotisme par quelque lien".

 

Pire, ces gens " qui ne pensent pas et qui s'appellent les gens sensés disent tous qu'il n'y a plus assez d'entraves, ils ajoutent que c'est bien dommage et qu'il faut s'en prendre aux philosophes", eux qui "infectent l'air de poisons et de maximes pernicieuses".

Ah, les philosophes !! Comment, s'écrie Chénier,  "ont-ils pu exister (...) Est-ce véritablement en France (...) au milieu de ces barbares que Voltaire, Montesquieu, Rousseau, d'Alembert, Diderot (...) Helvétius ont écrit avec une liberté courageuse ? (...). La tyrannie leur a fait payer cher une gloire déjà trop orageuse et des lumières trop souvent contestées par ceux mêmes qu'ils éclairaient".

Et il conclut :

 " J'ai consacré pour toujours à la patrie, à la liberté, ma voix, ma plume et ma vie. Ceux qui combattent les préjugés sont mes amis. Ceux qui les soutiennent sont mes ennemis (...).  

Qu'un homme n'ait pas le droit de dire à un homme : "Tu ne publieras point ton opinion, car ton opinion n'est pas la mienne, voilà le dernier degré du despotisme".

On croirait entendre Voltaire.

 

Bien sûr, Chénier dans sa " Dénonciation des Inquisiteurs de la pensée" fustige les détenteurs de la pensée unique d'il y a plus de deux cents ans. Mais allez savoir pourquoi, je n'ai pu m'empêcher de trouver tout au long de cette cinquantaine de pages très denses, à l'écriture serrée, un petit air de modernité....

 

 

   Dénonciation des Inquisiteurs de la Pensée

Marie-Josèphe Chénier

Editions des Mille et Une Nuits

 

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Liaisonspleiade2
Après  Sade, Laclos a - enfin - les honneurs du papier bible. 

Le si sage, le si rangé Laclos mais peut-être aussi le si aigri Laclos (ambitions déçues...pas assez de quartiers de noblesse pour faire partie de l'élite militaire) vient de voir son livre publié  par la Bibliothèque de la Pléiade.

 

 Les Liaisons dangereuses, un livre ? Que nenni. Un monument de la littérature française.
Les lettres de la si prude (et si tendre) Tourvel, de la si peu ingénue Volanges, du si perfide Valmont et de la si divine  (avis personnel)  Merteuil illuminent de leur éclat ce papier bible.

Et à leurs échanges (aux relents si méphitiques... diable, diable),  s'ajoutent  des articles, des notes, des illustrations, des photos, des scripts des films de Vadim et Stephen Frears.

Innovant, intelligent et beau. Un petit bijou.

Liaisonspleiade1

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dictionnairelibertinA comme aimable ou comme athéisme, B comme boudoir ou comme blasphème, C comme champagne ou comme coquin, D comme délicatesse ou comme dévot,  E comme esprit ou comme extase, F comme faveur ou comme... foutoir, le siècle des Lumières est le siècle du plaisir mais aussi celui de la langue.

Une langue malicieuse, souvent irréverencieuse voire impie ou carrément débauchée. En un mot,  une langue qui se décorsète brutalement, au grand dam des prêtres qui tonnaient  du haut de leur chaire contre les dérèglements de... la chair et des esprits. 

Au XVIIIeme, "Dieu souffait en silence".

Jolie phrase de Patrick Wald Lasowski, un maitre es XVIIIeme, professeur à Paris VIII, qui, après le " Traité des mouches secrètes", " le Grand Dérèglement" et "Le roman libertin du XVIIIe siècle" s'en donne à coeur joie dans son "Dictionnaire libertin" . Pour notre plus grand plaisir.

 

Dictionnaire libertin

Patrick Wald Lasowski

Gallimard

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Ego

 

MARTINEC
 
J'aime Paris, Venise.
 Et le 18ème.

 Tout ou presque tout m'intéresse dans ce siècle, "siècle du plaisir qui, loin de le traiter comme une vaine dissipation, s'y plonge avec délices et s'abandonne jusqu'au vertige à l'enchantement des sens .
En m'excusant auprès de ceux qui auraient un soupçon de connaissance sur les sujets effleurés et en espérant ne
pas donner la migraine à l'université...
Martine Chabbert
.

 




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