Derniers Commentaires

Flux RSS

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0

Petit Plus

Add to Google
Mercredi 23 avril 2008
Un langage pur et élégant, une sensibilité exacerbée.
Ecartelée entre la raison et la passion, la mesure et la démesure, la délicatesse et la violence, brûlant sciemment son existence, Julie de Lespinasse qui ne " savait faire qu'aimer " choisit de mourir d'amour pour un homme, le comte de Guibert, qui, tout en subissant l'ascendant intellectuel de Julie, fut incapable de répondre à ses attentes. Une liaison tumultueuse faite de mensonge et de mystification.
C'est ce qui ressort de la centaine de lettres que Julie de Lespinasse lui adressa en l'espace de trois ans.  La passion amoureuse, déclinée dans toutes ses tonalités, dans toutes ses gammes...

******

Lettre IX 
 
De tous les instants de ma vie, 1774

Mon ami, je souffre, je vous aime, et je vous attends.


Lettre XI   -  Onze heures du soir, 1774

Je parie que vous n'êtes pas aussi endormi aujourd'hui que vous l'étiez hier soir à cette heure-ci, et cela est bien simple; on vous amuse, on vous intéresse et vous avez envie de plaire.
Mon ami, vous n'êtes pas fait pour l'intimité: vous avez besoin de vous répandre; le mouvement, le brouhaha de la société vous sont nécessaires: ce n'est pas le besoin de votre vanité, mais c'est celui de votre activité. La confiance, la tendresse, cet oubli de soi et de tout son amour-propre, tous ces biens sentis et appréciés par une âme tendre et passionnée, éteignent et engourdissent la vôtre.
Oui, je le répète : vous n'avez pas besoin d'être aimé. Quelle étrange méprise ! mon Dieu ! et j'ose accuser certaines gens de manquer de discernement; j'ose dire qu'ils n'observent rien, qu'ils ne connaissent pas les hommes. Ah ! comment ai-je été égarée, trompée à un tel excès ? comment mon esprit n'a-t-il pas arrêté mon âme ? et comment se fait-il qu'en vous jugeant sans cesse, je sois toujours entraînée ? Vous ne connaissez pas la moitié de l'ascendant que vous avez sur moi, vous ne savez pas ce que vous avez à vaincre chaque fois que je vous vois, (...) vous ne savez pas à quel point je renonce à moi pour être à vous.

" Mon ami, je vous aime "
Julie de Lespinasse
Le petit Mercure
Mercure de France
publié dans : Portraits ajouter un commentaire
recommander communauté : Histoire commentaires (0)   
Mercredi 16 avril 2008

Voltaire qui appréciait les qualités intellectuelles de Madame du Châtelet et condamnait l'éducation dispensée aux filles dans les couvents  n'en écrivit pas moins ceci dans ses "Nouveaux Mélanges":

" Qui es-tu, toi, animal à deux pieds, sans plumes, comme moi-même, que je vois ramper comme moi sur ce petit globe ? Tu arraches comme moi quelques fruits à la boue qui est notre nourrice commune. Tu vas à la selle, et tu penses ! Tu es sujet à toutes les maladies les plus dégoutantes, et tu as des idées métaphysiques ! J'aperçois que la nature t'a donné deux espèces de fesses par-devant et qu'elle me les a refusées ; elle t'a percé au bas de ton abdomen un si vilain trou que tu es porté naturellement à le cacher. Tantôt ton urine, tantôt des animaux pensants sortent par ce trou ; ils nagent neuf mois dans une liqueur abominable entre cet égout et un autre cloaque, dont les immondices accumulées seraient capables d'empester la terre entière; et cependant ce sont ces deux trous qui ont produit les plus grands évènements. Troie périt pour l'un; Alexandre et Adrien ont érigé des temples à l'autre. L'âme immortelle a donc son berceau entre ces deux cloaques ! Vous me dites, madame, que cette description n'est ni dans le goût de Tibulle, ni dans celui de Quinault: d'accord, ma bonne, mais je ne suis pas en humeur de te dire des galanteries".

Oui, en effet, d'humeur un peu chagrine, ce jour là, Voltaire...

 Dictionnaire de la pensée de Voltaire par lui-même,
ed. établie par A.
Versaille, Bruxelles,
Editions Complexes, 1994, p. 439.























publié dans : Portraits ajouter un commentaire
recommander commentaires (0)   
Mardi 15 avril 2008


Le marquis de Sade
fut  enfermé au donjon de Vincennes le 7 septembre 1778. Son emprisonnement durera douze ans : cinq ans et demi à Vincennes, cinq ans et demi à la Bastille, neuf mois à la Maison de la charité de Charenton.
Libéré en 1790, Sade sera à nouveau incarcéré en 1801 pour le restant de ses jours.
La correspondance soumise à un contrôle sévère qu'il entretint avec son épouse, Renée de Montreuil, constitua le seul lien du marquis avec l'univers non carcéral.


20 février 1781
Donjon de Vincennes
Ma Grande Lettre

" Je ne suis coupable que de simple et pur libertinage, et tel qu'il se pratique par tous les hommes, plus ou moins en raison de leur plus ou moins de tempérament ou de penchant à cela qu'ils peuvent avoir reçu de la nature. Chacun a ses défauts; ne comparons rien; mes bourreaux ne gagneraient peut-être pas au parallèle.
Oui, je suis libertin, je l'avoue; j'ai conçu tout ce qu'on peut concevoir dans ce genre-là, mais je n'ai jamais fait tout ce que j'ai conçu et ne le ferai jamais. Je suis un libertin, mais je ne suis pas un criminel ni un meurtrier (...).
Je suis un libertin mais trois familles domiciliées dans votre quartier ont vécu cinq ans de mes aumônes, et je les ai sauvées des derniers excès de l'indigence.
Je suis un libertin, mais j'ai sauvé un déserteur de la mort abandonné par son régiment et son colonel.
Je suis un libertin, mais aux yeux de toute votre famille, à Evry, j'ai, au péril de ma vie, sauvé un enfant qui allait être écrasé sous les roues d'une charrette emportée par des chevaux, et cela en m'y précipitant moi-même.
Je suis un libertin, mais je n'ai jamais compromis la santé de ma femme.
Je n'ai point eu toutes les branches du libertinage si souvent fatales à la fortune des enfants: les ai-je ruinés par le jeu ou par d'autres dépenses (...) ? ai-je, en un mot, annoncé dans ma jeunesse un coeur capable des noirceurs dont on le suppose aujourd'hui ? N'ai-je pas toujours aimé tout ce que je devais aimer et tout ce qui devait m'être cher ? n'ai-je pas aimé mon père ? Me suis-je mal conduit avec ma mère ? (...)
En un mot, qu'on m'examine depuis ma plus tendre enfance. (...) Que passant de là à ma jeunesse, (...) on aille jusqu'à l'âge où je me suis marié, et qu'on voie, qu'on consulte, qu'on s'informe si j'ai jamais donné des preuves de la férocité qu'on me suppose et si quelques mauvaises actions ont servi d'annonces aux crimes que l'on me prête (...).
Comment donc supposer que, d'une enfance et d'une jeunesse aussi innocentes, je suis tout d'un coup parvenu au dernier comble de l'horreur irréfléchie ? "
publié dans : Portraits ajouter un commentaire
recommander communauté : Histoire commentaires (0)   
Vendredi 8 février 2008
undefinedLe Chevalier de Saint-Georges, un Guadeloupéen qui, emmené à Paris vers 1750, à l'âge de dix ans, par son père, un grand seigneur propriétaire de plantations, eut un destin plein de contrastes pittoresques.
Homme à la mode et à bonnes fortunes, il prit une grande part aux plaisirs tourbillonnants de l'Ancien Régime finissant puis connut les orages de la Révolution. Célèbre virtuose du violon, compositeur fort goûté, initiateur du quatuor à cordes, auteur applaudi de "comédies à ariettes", il excellait en même temps dans tous les exercices du corps, notamment dans le maniement de l'épée, où, dans l'Europe entière, il n'avait pas son égal.
La Révolution venue, il embrassa les idées nouvelles. Quand la patrie fut déclarée en danger, il mit sur pied un régiment qui allait devenir le "13e régiment de chasseurs à cheval". A la tête de ce régiment, comme chef de brigade, il combattit les Autrichiens dans  les Flandres, sous Dumouriez, qu'il ne suivit pas  dans sa trahison, à la différence du petit-fils de son protecteur de naguère, le duc d'Orléans.
Mis néanmoins en prison sous la Terreur, il y fut maintenu pendant de nombreux mois, mais échappa à la guillotine.

Le 12 février, au grand auditorium François Mitterrand  :  "Musiques inédites du Chevalier de Saint-Georges : la Symphonie Concertante n°2. "
publié dans : Portraits
recommander communauté : Histoire commentaires (0)   
Samedi 19 janvier 2008

undefinedTandis que son père, après avoir fait le décompte des filles nobles à marier, fixe enfin son choix sur Renée-Pélagie de Montreuil, parti loin d'être négligeable quoique de petite noblesse, Donatien Alphonse François de Sade tombe éperdument amoureux d'une charmante personne, Laure-Victoire Adeline de Lauris. Elle a 22 ans, de jolis yeux et appartient à la plus vieille noblesse de Provence.
Très épris, il lui demande dès le début de leur liaison de l'épouser. La belle tergiverse. Il lui adjure de le rejoindre à Paris, elle refuse. Il s'impatiente, tempête, se désespère. Rien n'y fait. Mlle de Lauris décide finalement de rompre, plongeant Donatien dans le plus grand désarroi.  


Extraits de la lettre qu'il lui écrivit le 6 avril 1768 :


"
Parjure ! Ingrate ! Que sont devenus ces sentiments de m'aimer toute ta vie ? Qui t'oblige à l'inconstance ? Qui t'oblige à rompre de toi-même les noeuds qui pour jamais allaient nous unir ? (...)
Fourbe! Ingrate ! Tu craignais d'être réunie à quelqu'un qui t'adorait. Ces liens d'une chaîne éternelle te devenaient à charge, et ton coeur, que l'inconstance et la légéreté savent seuls séduire, n'était pas assez délicat pour en sentir tous les charmes. C'est de quitter Paris qui t'effrayait; mon amour ne te suffisait pas; je n'étais pas fait pour le fixer. Va, ne le quitte jamais, monstre, né pour le malheur de ma vie ! (...)
Mais que dis-je ? Ah, ma chère amie ! Ah, ma divine amie ! Seul soutien de mon coeur, seul délice de ma vie, mon cher amour, où m'emporte mon désespoir ? Pardonne aux expressions d'un malheureux qui ne se connaît plus, dont la mort, après la perte de ce qu'il aime, devient l'unique ressource. Hélas! je l'approche, cet instant, qui va me délivrer du jour que je déteste; mes seuls voeux maintenant sont de le voir arriver. Qui peut m'attacher à la vie dont tu faisais seule les délices? Je te perds; je perds mon existence, ma vie, je meurs, et de la mort la plus cruelle. (...)
Que fais-tu ? ... Que deviens-tu ?... Que suis-je à tes yeux ? D'horreur ? D'amour ?.. Dis ?... Comment me vois-tu ? (...) Ah, si tu m'aimes encore, si tu m'aimes comme tu m'as toujours aimé, comme je t'aime, comme je t'adore, comme je t'adorerai toute ma vie, plains nos malheurs. (...)
Aime-moi toujours; sois-moi fidèle, si tu ne veux me voir mourir de douleur. Adieu, mon bel enfant, je t'adore et je t'aime mille fois plus que ma vie. Va, tu as beau dire, mais je te jure que nous ne serons jamais l'un à l'autre".


Une lettre somptueuse dans laquelle s'entrechoquent la haine, la passion, la souffrance, la prière. Sade s'y déverse tel un torrent de lave incandescente.
Oui, mais voilà... Cette lettre fut-elle vraiment envoyée à Mlle de Lauris ? Sade la fit recopier plus tard par son secrétaire avec d'autres lettres galantes, chansons etc.,  et fit relier le tout dans le recueil intitulé : "Oeuvres de M. de Sade". Cette lettre n'était-elle finalement qu'un exercice de style pour Sade, lui, qui n'aimait rien tant que brouiller les pistes menant de la fiction à la réalité?


publié dans : Portraits
recommander communauté : Histoire commentaires (0)   
Lundi 14 janvier 2008

 
Sur lesquelles s'est penché le marquis d'Argenson le 10 octobre de l'an 1740 ....


undefined

  "Une  dame du palais m'a conté que la plus grande faute était à la reine si le roi avait pris une maîtresse.
Elle se conduisait en bégueule.

    Aussi personne au monde n'a-t-il moins d'esprit que la reine : elle n'a rien à elle (...), le torrent de l'exemple la gagne plus que personne. Elle a vu qu'en France il était de bon air de dédaigner son mari, elle a pris ce bon air.
Elle disait : " Eh quoi ! Toujours coucher, toujours grosse, toujours accoucher !"
En conséquence, elle faisait de longs jeûnes au roi, sous prétexte de sa santé, elle dédaignait enfin ce qu'elle 
regrette amèrement aujourd'hui.
Il faut savoir que la reine a peur des esprits et, quoique le roi fût couché avec elle, il fallait qu'elle eût auprès d'elle une femme qui lui tînt la main toujours pendant la nuit et qui lui fit des contes pour l'endormir. Et quand le roi voulait lui rendre son devoir conjugal, à peine la femme qui assistait la reine se retirait.
De plus, la reine ne dort presque pas, elle se relève cent fois dans la nuit, tantôt pour pisser, tantôt pour chercher sa chienne. De plus, elle met précisément des matelas sur elle, tant elle est frileuse de sorte que le roi étouffait et se levait tout en sueur sans avoir rien fait. Il se retirait dans sa chambre et dans son lit pour bien dormir, c'est ce qui lui a fait tant aimer les voyages de Rambouillet, il se soulageait tout seul de ses ardeurs luxurieuses, ce qui l'a conduit peu à peu à prendre une maîtresse à qui il se tient, quelque médiocre que soit sa beauté. Il l'aime vraiment et c'est beaucoup ".

René-Louis d'Argenson
Journal du règne de Louis XV - Tome III. 1739-1740




 
publié dans : Portraits
recommander communauté : Histoire commentaires (0)   

Ego...

J'aime Paris, Venise et le XVIIIème.
Tout ou presque tout m'intéresse dans ce siècle, 
"siècle du plaisir qui, loin de le traiter comme une vaine dissipation, s'y plonge avec délices et s'abandonne jusqu'au vertige à l'enchantement des sens ". 
En m'excusant auprès de ceux qui auraient un soupçon de connaissance sur les sujets effleurés et en espérant ne
pas donner la migraine à l'université...
 

Calendrier

Mai 2008
L M M J V S D
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 31  
<< < > >>

Inclinations

Recherche

créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus