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Samedi 26 avril 2008
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Tournés en 2007 et prochainement sur France 2, deux téléfilms, " L'énigme des Blancs-Manteaux" et "L'homme au ventre de plomb", d'après les romans de  Jean-François Parot .Cette mini-série retrace les aventures d’un jeune « commissaire de police » à Paris dans la seconde moitié du 18ème siècle.

"L'énigme des Blancs-Manteaux" (Présentation de l'éditeur)
En 1761, le jeune Nicolas Le Floch quitte sa Bretagne natale pour entrer au service de M. de Sartine, chef des affaires secrètes de Louis XV. Devenu l'un des espions du lieutenant général de police, Nicolas va vite découvrir la cruauté des hommes et la brutalité des complots : à Paris, dans le monde du crime, tout tourne autour du jeu, de la débauche et du vol qui communiquent par d'innombrables labyrinthes. Son premier meurtre le plonge au coeur des perversités de la capitale : un commissaire corrompu, une épouse ex-pensionnaire d'une maison de plaisir, un cadavre rue des Blanc-Manteaux, un bourreau médecin légiste à la morgue de la Basse-Geôle..
Et si tout cela le conduisait trop près du roi et de Mme de Pompadour ?
Une enquête qui fait revivre le Paris du XVIIIe siècle, son atmosphère, ses rues, ses passants, ses rites, ses crimes et ses mystères.


"L'homme au ventre de plomb" (Quatrième de couverture) :
Le commissaire Nicolas Le Floch est chargé par M. de Sartine et par la cour de démêler une affaire délicate et complexe : la mort mystérieuse du fils d'un courtisan proche du dauphin et du parti dévot. Pourquoi les parents défendent-ils la thèse du suicide alors que leur enfant n'avait jamais manifesté son désir d'en finir ? Pourquoi son frère a-t-il disparu ? Qui est véritablement son énigmatique fiancée ? Très rapidement Nicolas conduira ses investigations à Paris, puis à Versailles dans l'entourage de la famille royale et de la favorite Mme de Pompadour. Dans un royaume toujours en guerre et agité par des querelles religieuses, il peut se révéler très dangereux de s'intéresser de trop près à des imbroglios politiques protégés par des secrets de famille.

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Dimanche 7 octobre 2007
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Paris, ville phare de l'Europe, apparaît comme la capitale du bon goût. Tout ce qui constitue ce "XVIIIème français" se retrouve dans ces salons littéraires, espaces mondains, composés de gens d'esprit, de philosophes,  d'historiens ou de physiciens, le bon ton y est de règle et les agréments de la conversation, érigée en art, s'ajoutent aux plaisirs de la table.
Espaces clos et élitistes, ces salons, fréquentés par une majorité d'hommes, sont essentiellement  tenus par des femmes souvent issues de la noblesse ancienne. Placées par leur naissance au sommet de l'échelle sociale, elles possèdent les clés de la notoriété, et de ce fait leurs salons sont en quelque sorte un passage obligé pour les hommes de lettres, avides de reconnaissance, ou pour les philosophes, soucieux de conquérir l'opinion publique.
On peut se demander pourquoi ces femmes reçoivent des Voltaire, des Rousseau ou des Diderot dont les idées peuvent être jugées provocatrices, voire subversives pour l'ordre social. Hormis peut-être Julie de Lespinasse, très politisée, ou Sophie de Condorcet, la grande majorité de ces femmes sont tout simplement des femmes éclairées:  intéressées par des idées novatrices, elles entendent peu la philosophie, certaines, telle Mme du Deffand, lui sont même carrément hostiles ; mais toutes professent la tolérance, l'anti-fanatisme et prennent fait et cause pour des philosophes ou militent plus pour des écrivains que pour leurs écrits.
Dans leurs salons, la conversation qui accompagne souvent les repas, se doit d'être divertissante mais avant tout utile. Source de toutes les idées, elle participe à la formation des esprits. On parle de tout, des sujets les plus futiles comme des plus sérieux : sur la musique française et italienne, sur l'harmonie des langues et sur la philosophie bien sûr.  Rien n'est exclu, ni privilégié.
Si Mme Geoffrin prie les amateurs d'histoires lestes et les iconoclastes de s'abstenir, Julie de Lespinasse, elle, privilégie l'improvisation, la liberté totale de ton. La gaieté y est de règle, même chez Mme du Deffand, triste de nature, car pour les Lumières  : "Un homme triste ne peut être utile ni à lui-même ni aux autres "  (Holbach).  Petites fées de la conversation, elles la font naître, et, discrètement, la dirigent. Réputées pour la précision et la justesse de leur langage, elles sont toujours très attentives, parlent avec douceur (même Mme du Deffand dont la correspondance révèle pourtant un caractère vif, voire irascible), et savent aussi se taire pour mettre en valeur leurs invités : "Mme Geoffrin avait le bon esprit de ne jamais parler de ce qu'elle savait très bien " (Marmontel). 

 

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Lundi 20 août 2007
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Enfants perdus dans le labyrinthe des ruelles de Paris, enfants oubliés par une gardienne insouciante,  enfants qui s’enfuient de leur domicile, enfants abandonnés dès leur naissance, leur nombre (près de deux mille par an) inquiétait et préoccupait aussi bien les autorités que les institutions charitables.

«Les enfants perdus sont conduits d’abord chez un commissaire. Le second jour, on les mène à l’Hôtel de la Police ou ils restent exposés. Le quatrième, on les transfère aux Enfants Trouvés s’ils ont moins de trois ans ; les autres plus âgés sont envoyés à la Pitié, hôpital hideux sous plus d’un rapport. Ils sont enregistrés du jour qu’ils rentrent, avec un nom et une marque. Mais bientôt leurs parents ne les reconnaitraient même plus, tant la misère et l’abandon auront défiguré leurs traits ». L.S. Mercier

Sans compter bien sûr les nouveau-nés que l’on déposait dans le renfoncement d’une porte cochère ou au coin d’une église, petits paquets informes sur lesquels était - parfois-  épinglé un billet renfermant quelques précisions sur leur état de santé.  Ceux-ci étaient immédiatement transportés à l’hôpital des Enfants Trouvés, tenu par les sœurs de la Charité, rue du faubourg Saint-Antoine, une bâtisse décrépite et à l’hygiène souvent fatale. Un véritable mouroir. Abandonner dans ce lieu un enfant était une « sorte d’infanticide différé, ils mouraient presque tous avant d’avoir atteint deux mois » (Duc de Castries). Parfois, sitôt baptisé, une sage-femme amenait le nourrisson dans cet hospice, après avoir décliné son nom et prénom et après avoir signé une déclaration d’abandon. Il arrivait aussi que ce soient les familles elles-mêmes qui amènent l’enfant en expliquant les motifs de l’abandon :«Mardi 23 août 1763, 9 heures ½ du matin. A été apporté par Blaise Fournil, gagne-deniers, demeurant rue des Vertus, un enfant femelle, baptisée le 10 Janvier 1763, en la paroisse St Nicolas des Champs, et nommée Geneviève, fille de Levy comparant et d’Anne le Roy, sa femme, décédée depuis sa couche, lequel nous a dit et déclaré qu’il se trouve hors d’état de pouvoir faire élever sa fille attendu son état d’indigence ».
Le 16 Décembre 1717, le commissaire au Châtelet, Nicolas Delamare, rédigea ce procès-verbal :
«Ce novembre 1717 a été ramassé un garçon nouvellement né, trouvé  exposé et abandonné dans une boite en sapin blanc sur le parvis de Notre-Dame, sur les marches de l’église Saint-Jean-le-Rond, que nous avons fait à l’instant porter à la Couche des Enfants-Trouvés, pour y être nourri et allaité en la manière accoutumée ». Le père, le chevalier Destouches, récupéra l’enfant. Quant à la mère, la fort célèbre madame de Tencin (dont je reparlerai plus tard), s’entêtant à vouloir garder secret ce qui était connu de tous, elle ne se préoccupa jamais de son fils, se conduisit comme s’il n’avait jamais existé, même lorsqu’il fut célèbre. Et ce fils s'appelait d’Alembert.

 

 

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Samedi 30 juin 2007

Le quotidien du petit peuple du XVIIIème, observé avec soin et tendresse par Arlette Farge, une spécialiste du 18 ème.

Arlette-Farge.gifAu XVIIIe siècle, bon nombre d'hommes et de femmes, qu'ils soient  journaliers,  domestiques allant et venant d'une ville à l'autre, ou qu'ils soient tout simplement en rupture de la société fuyant l'hôpital ou la prison  menaient une vie précaire, faite d’errance et de misère. Ils ne savaient pour la plupart ni lire ni écrire. Mais ils savaient ou se doutaient qu'un jour, leur route s'arrêterait brutalement et qu'on les retrouverait morts, recroquevillés au bord d'une route, d'un fossé, d'un chemin de halage, à l'orée d'un village. Accident, malaises, noyade... C'est pourquoi ils portaient sur leur corps des petits signes écrits d'eux-mêmes qui témoignaient non seulement de leur désir de ne pas être abandonnés à l'anonymat mais aussi de leur volonté de faire état - malgré tout - de leur existence, si incertaine fut elle.
Retrouvé dans les archives des procès-verbaux de 1761, le plus émouvant de ces billets est ce petit bracelet de parchemin attaché avec une ficelle rouge autour du poignet du cadavre d'un homme de 50 ans " à la barbe noire, aux dents manquantes " sur lequel était écrit :

François Petit
+
E 184

Un nom, une lettre, un chiffre, un cœur.

 

"Le bracelet de parchemin, l’écrit sur soi au XVIIIe siècle"
Arlette Farge

Bayard

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Ego...

J'aime Paris, Venise et le XVIIIème.
Tout ou presque tout m'intéresse dans ce siècle, 
"siècle du plaisir qui, loin de le traiter comme une vaine dissipation, s'y plonge avec délices et s'abandonne jusqu'au vertige à l'enchantement des sens ". 
En m'excusant auprès de ceux qui auraient un soupçon de connaissance sur les sujets effleurés et en espérant ne
pas donner la migraine à l'université...
 

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