robeapanier
Cette mode fit fureur sous la Régence, peu après la banqueroute de Law, une fois que le "Dieu Papier" cessa d'être idolatré. Les hommes cessant de spéculer, les femmes cessant de spéculer sur les spéculations, la frivolité reprit ses droits.
La description, très détaillée, qu'en fait ce chroniqueur de l'Oeil- de-boeuf est un peu complexe mais très visuelle. Chaussons donc nos bésicles et étudions-là de près.

Côté dames:

" Ces paniers consistent dans une carcasse de baleine, quelquefois d'osier, recouverte d'une toile, que les femmes introduisent sous leurs jupes (et les hommes dans les basques de leurs habits), pour les tenir raides et étendues.
Cette machine se développe considérablement de chaque côté de la personne, mais très peu de la partie antérieure à la partie postérieure, de sorte qu'une dame, avec sa taille mince et ses énormes paniers, ressemble à un battoir pour blanchisseuse.
Rien d'amusant comme les manoeuvres que cet étrange usage nécessite.

Il n'est pas de porte assez grande dans nos salons pour qu'une femme puisse entrer de face, ce n'est que la hanche en avant qu'elle peut se présenter en société. Et s'il y a seulement quatre ou cinq élégantes dans une chambre, elle se trouve complètement remplie, quelque grande qu'elle soit.
En carrosse ou en chaise à porteurs, il faut de toute nécessité tenir les portières ouvertes pour laisser voyager au-dehors les paniers de madame.
A table, une dame ne saurait être commodément assise qu'en s'aidant de la bonne volonté de ses voisins : c'est-à-dire qu'elle doit obtenir, des bons cavaliers dont elle est flanquée, la permission d'étendre sur leurs genoux les parties latérales de sa parure, tandis qu'eux-mêmes relèguent derrière leurs sièges les basques de leurs habits, qui par bonheur, peuvent se replier. C'est ainsi que dans un repas, on n'aperçoit guère que la tête des hommes, enfouis pour ainsi dire sous les atours de leurs voisines... Du reste, cela forme pour les messieurs une espèce de chez-soi dont nos roués tirent, dit-on, un grand parti ".

Côté messieurs :

" Les basques de leurs habits, qui représentent deux vastes ailes de papillons, s'agitent à tel point pendant la marche, que chacun de leurs angles décrit un demi-cercle, et, frappant l'air environnant avec force, ils produisent sur les passants l'effet d'un éventail, que l'on se prête mutuellement dans les rues. Mais s'il fait du vent, il est imprudent de donner un rendez-vous à heure précise, à moins qu'on ne soit favorisé par un vent poussant...".

 

On s'en doute, la seule à ne pas succomber à l'attrait de ces nouveaux chiffons fut la Palatine. Elle continua, selon son bon plaisir, et son plaisir consistait non à forcer les portes avec ses jupons mais à forcer le cerf lors des chasses à courre, à porter des perruques d'hommes, à revêtir des hauts de chausses ou la casaque bleue conçue pour les chasseurs de Louis XIV et à manier la dague comme un éventail...

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Ego

 

MARTINEC
 
J'aime Paris, Venise.
 Et le 18ème.

 Tout ou presque tout m'intéresse dans ce siècle, "siècle du plaisir qui, loin de le traiter comme une vaine dissipation, s'y plonge avec délices et s'abandonne jusqu'au vertige à l'enchantement des sens .
En m'excusant auprès de ceux qui auraient un soupçon de connaissance sur les sujets effleurés et en espérant ne
pas donner la migraine à l'université...
Martine Chabbert
.

 




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