Petit, menu, tout en os, les traits anguleux,le teint jaune, les cheveux mi-longs , plats et mal peignés, le regard farouche, pauvre mais débrouillard.  Bonaparte, le jeune général de l'armée Intérieure, ne payait guère de mine lorsque, Barras,  le nouveau  "roi de Paris", régnait sur la France après le 9 Thermidor. Bonaparte  le voit chaque jour, lui, Carnot et tous ces autres nouveaux maîtres , les "Directeurs". Il fréquente aussi très assidument l' hôtel  de la Chaussée d'Antin qu'occupe une belle Créole  plus âgée que lui  et qui a pour prénom Joséphine... Il la désire, la veut. Il l'aura.
Des yeux  langoureux, la démarche souple et  languide, une mauvaise dentition cachée par une bouche sensuelle, vêtue de robe de mousseline ou de soie légère  largement décolletée, Joséphine de Beauharnais,  faisait tourner bien des têtes tout en ayant su garder la sienne pendant la Terreur  : à son entrée dans la prison des Carmes, en avril 1794 (elle avait alors trente ans) elle  était divorcée; à sa sortie, en août de la même année, elle était veuve , son ex-mari, le général Alexandre de Beauharnais ayant été guillotiné seize jours auparavant, le 3 Thermidor).


Une seule voie s'offrait à cette veuve très consolable pour refaire sa vie: l'amour... Elle devint la maitresse de Hoche..  Liaison ardente mais parsemée d'orages et de trahison. Déjà excédé par les incessantes demandes d'argent de la belle Créole, Hoche brisa net et ne lui pardonna jamais.
L'une des reines de ce Tout-Paris post-Thermidor, la belle, très belle Madame Tallien,  que son expérience personnelle rendait indulgente aux faiblesses du coeur et des sens, la prit sous son aile.. Elle l'entraina avec elle dans tous les lieux que se devaient de fréquenter les femmes à la mode. Et lui fit rencontrer  son tout-puissant amant:  Barras. Ce fut pour elle la première étape vers l'apothéose.   Barras renfloua - largement - sa cassette (ce qui lui permit d'acheter ou tout du moins payer en partie le domaine de la Malmaison)..
Las, Joséphine de Beauharnais avait un défaut rédhibitoire qui décourage  les amants les plus épris : elle était toujours à court d'argent. Elle avait lassé Hoche, elle finit par lasser Barras. Il ne vit plus en elle que ses dents gâtées et les fards dont elle usait pour prolonger une jeunesse qui s'enfuyait..
Quand il s'aperçut que ce petit général Bonaparte se consumait d'amour pour elle... il la lui passa au bras sans l'ombre d'un soupir de regret.

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Ego...


 J'aime Paris, Venise et le XVIIIème.
Tout ou presque tout m'intéresse dans ce siècle,

"siècle du plaisir qui, loin de le traiter comme une vaine dissipation, s'y plonge avec délices et s'abandonne jusqu'au vertige à l'enchantement des sens ".
En m'excusant auprès de ceux qui auraient un soupçon de connaissance sur les sujets effleurés et en espérant ne
pas donner la migraine à l'université...

www.martine-chabbert.fr/

 

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