
Etrange cardinal Dubois.
Surnommé à la cour du Régent " l'abbé
friponneau ", tant ses moeurs étaient déplorables. Amant officiel de Mme de Tencin. Vilipendé par Saint-Simon.
Fils d'un apothicaire de Brive la Gaillarde, Guillaume Dubois décida, à l'âge de 16 ans, de faire
fortune à Paris. Et la Régence, en peu d'années, devait pleinement satisfaire ses ambitions (démesurées, disent certains).
Ambassadeur du Régent, il parvint à nouer avec l'Angleterre et la Hollande une alliance qui allait "
changer pour trente années la face politique de l'Europe ". Pour la première fois dans l'histoire, la France catholique et monarchique s'allia avec l'Angleterre protestante et parlementaire. Ce
succès valut à Dubois d'entrer au conseil des Affaires étrangères, "de s'y glisser, dit Saint-Simon, comme ces
plantes qui s'introduisent dans les murailles, et qui, enfin, les renversent "....
Bien que Philippe d'Orléans lui ait déjà accordé sa nomination à sept abbayes qui comportaient des
revenus considérables, l'archevêché de Cambrai étant vaquant (et estimé à 150.000 livres de rente), Dubois le demanda et l'obtint en 1720. Cependant, avant d'être nommé archevêque, l'abbé
Dubois devait "prendre les ordres" : c'est à dire recevoir les ordres mineurs, le sous-diaconat, le diaconat et la prêtrise. Ce qui fut fait en quelques jours... Il apprit aussi à dire la
messe, tant bien que mal.
Mais Dubois, archevêque, ministre et secrétaire d'Etat, n'était toujours pas satisfait. Depuis son
arrivée à Paris, il avait une sorte d'idée fixe : il voulait le chapeau de cardinal.
Et il l'obtint en 1721, non sans mal, c'est un fait.
En 1723, atteint d'un abcès à la vessie et après avoir, de guerre lasse, accepté de se laisser mutiler par le chirurgien du Régent, La Peyronie, il mourut dans des conditions
atroces...
Le cardinal Dubois, dont certains disent qu'il fut l'âme damnée du Régent, qui était-il finalement. Un
ambitieux cupide, aux manières tantôt sournoises tantôt insolentes ou un homme qui, malgré son imposante fortune, n'aimait pas l'argent pour lui-même et dont la liberté d'esprit de
s'embarrassait pas de préjugés ?
Il fut tout cela. Sûrement. Mais " l'abbé Friponneau " fut aussi un travailleur acharné, qui, abhorrant la guerre, fit oeuvre de paix et qui " laissa dans la diplomatie française une direction
dont les traces ont reparu au XIXè siècle " (Maurice Soulié).
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