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Mercredi 21 novembre 2007
madame-Lucifer.jpgMarie-Françoise de Bourbon, dite Mlle de Blois, fille légitimée de Louis XIV et de Mme de Montespan, était grande, majestueuse, en dépit d'un déhanchement disgracieux. Elle avait le teint frais, une gorge bien faite, des cheveux châtains, des sourcils rares, des dents un peu longues et des joues pendantes, qui faisaient dire à Madame (la princesse Palatine), sa belle-mère :
"
Le visage de ma bru ressemble comme
deux gouttes d'eau à un derrière, sauf votre respect".
Elles inspirèrent même cette chanson à sa propre soeur, la duchesse de Bourbon :
" Belle princesse !
Où les autres ont le nez
Pourquoi mettez-vous les fesses ?
Belle princesse ! "


Spirituelle et un tantinet cynique, Marie-Françoise déclara peu avant son mariage avec Philippe d'Orléans : " Peu importe qu'il m'aime, pourvu qu'il m'épouse".
Sujette à de fréquents accès de colère ou de mauvaise humeur qui se terminaient souvent par des migraines (vraies ou simulées), d'un orgueil démesuré, la Régente que son mari surnomma " Madame Lucifer" répugnait à se souvenir qu'elle était la fille de Mme de Montespan. "Elle était née de Louis XIV, et voilà tout, comme Minerve de Jupiter".
Selon Saint- Simon, elle était "petite-fille de France jusque sur sa chaise percée".  
Sa vie n'étant qu'une longue paresse, Marie-Françoise vivait d'ordinaire dans sa chambre, allongée sur son canapé : " Elle s'est fait faire un canapé sur lequel elle reste couchée quand elle joue au lansquenet.. Elle joue couchée, elle mange couchée, presque toute sa vie se passe couchée " écrivait la Palatine.
Philippe d'Orléans, qui fut toujours envers elle d'une politesse exquise, très "régence", lui rendait visite chaque jour. Si depuis son canapé blanc et or, elle fronçait les sourcils (ce qui arrivait fréquemment), il s'inclinait et se retirait de ses appartements. Lorsque l'humeur de "Madame Lucifer" connaissait une embellie, Philippe restait auprès d'elle et se permettait de légères taquineries sur ses défauts, taquineries auxquelles elle ripostait gaiement. 
Manquant de tempérament (selon Saint-Simon), la duchesse d'Orléans ne sembla guère tourmentée par l'existence fort mouvementée de son époux, lequel  " lui fit, par acquit de conscience sans doute, huit enfants dont il n'eut pas toujours à se louer, mais tout cela, ce sont des gestes sans importance pour un homme aussi occupé que Philippe d'Orléans " (Jean Hervez).

 


" La Vie quotidienne sous la Régence"
- Charles Kunstler
" Le Régent, ses filles, ses maîtresses " d'après Saint-Simon - Albin Michel (1928)
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Ego...

J'aime Paris, Venise et le XVIIIème.
Tout ou presque tout m'intéresse dans ce siècle, 
"siècle du plaisir qui, loin de le traiter comme une vaine dissipation, s'y plonge avec délices et s'abandonne jusqu'au vertige à l'enchantement des sens ". 
En m'excusant auprès de ceux qui auraient un soupçon de connaissance sur les sujets effleurés et en espérant ne
pas donner la migraine à l'université...
 

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