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Samedi 10 novembre 2007

Coigny.jpg




Ligne adorait les gens d'esprit et particulièrement Madame de Coigny dont il était fort épris. Il écrivit souvent des lettres charmantes à celle qu'il appelait "son adorée".





A la marquise de Coigny - Kiew, mai 1787

"Savez-vous pourquoi, madame la marquise, je vous regrette ? C'est que vous n'êtes pas une femme comme une autre, et que je ne suis pas un homme comme un autre: car je vous apprécie mieux que vos entoureurs.
Et savez-vous pourquoi vous n'êtes pas une femme comme une autre? C'est que vous êtes bonne, quoique bien des gens ne le croient pas. C'est que vous êtes simple, quoique vous fassiez toujours de l'esprit, c'est-à-dire que vous le trouvez tout fait. C'est votre langue. On ne peut pas dire que l'esprit est dans vous, mais vous êtes dans l'esprit. Vous ne courez pas après l'épigramme; c'est elle qui vient vous chercher.

Au lieu d'être une maréchale du Luxembourg dans votre jeunesse, ce qui vous aurait plus amusée, avec plus d'indulgence, vous en serez une dans cinquante ans, une madame du Deffand pour le piquant, une madame Geoffrin pour les définitions et une maréchale de Mirepoix pour le goût. A vingt ans vous possédez le résultat des trois siècles qui composent l'âge de de ces dames. Vous avez la grâce des élégantes, sans en avoir pris l'état. Vous êtes supérieure, sans alarmer personne que les sots.
(...) Vous êtes la plus aimable femme et le plus joli garçon, et enfin ce que je regrette le plus".
(...) Ah ! mon dieu ! Ce que c'est de nous ! Je m'effraye de devoir vous écrire peut-être :

 Mais à revoir Paris je ne dois pas prétendre;
Dans la nuit du tombeau je suis prêt à descendre.

Cette idée m'afflige, car je veux vous revoir. Vous me tenez bien plus à coeur que tout Paris ensemble".

Par ses attaches à la famille de Rohan, Louise-Marthe de Conflans, marquise de Coigny, jouissait de toutes les faveurs de la cour. Après l'affaire du collier, la famille Rohan se retira de la cour et la marquise de Coigny devint frondeuse et embrassa le parti du Palais Royal. Elle forma une petite cour et parmi ses fervents admirateurs, on comptait le prince de Ligne et Lauzun. Pendant la révolution, la marquise émigra en Angleterre. Puis elle se rallia à l'empire. Dans ses entretiens fréquents avec l'empereur, celui-ci ne manquait jamais de lui dire : " Comment va la langue? ", car madame de Coigny passait à juste titre pour être l'une des femmes les plus spirituelles de son temps. Elle mourut du choléra en 1832.
publié dans : Portraits
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Ego...

J'aime Paris, Venise et le XVIIIème.
Tout ou presque tout m'intéresse dans ce siècle, 
"siècle du plaisir qui, loin de le traiter comme une vaine dissipation, s'y plonge avec délices et s'abandonne jusqu'au vertige à l'enchantement des sens ". 
En m'excusant auprès de ceux qui auraient un soupçon de connaissance sur les sujets effleurés et en espérant ne
pas donner la migraine à l'université...
 

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