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Dimanche 28 octobre 2007

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Petit, chétif, souffrant de son aspect physique, d'Alembert ne s'aimait guère.
Si de puissants personnages recherchaient sa compagnie et son amitié, d'Alembert, lui, ne les prisait pas. L'archevêque de Paris n'était à ses yeux "qu'un imbécile constitué en dignité ", et à l'exception de son ami, le marquis d'Argenson, il vouait le plus profond mépris aux "grands", ulcéré par leur bienveillance pleine de morgue envers les gens de lettres : " Les grands ne voient dans le nom d'hommes de lettres qu'un titre subalterne " aimait-il à dire, ajoutant ironiquement : " la naissance étant un avantage que le hasard donne, il est naturel d'en jouir  ". Enfant illégitime, abandonné par sa mère, madame de Tencin, il ne pardonna pas au milieu dont il était issu.
Ses liens avec Julie de Lespinasse sont connus.
L'aima-t-il ? A l'évidence. Eurent-ils une liaison intime ? Rien n'est moins sûr, même s'ils partagèrent pendant 16 ans le même appartement. Julie, du reste, aimait "ailleurs". Passionnément.
Leurs liens étaient vraisemblablement autres: " Tout, tout jusqu'à notre sort commun, semblait fait pour nous réunir. Tous deux sans parents, sans famille, et  ayant éprouvé dès le moment de notre naissance, l'abandon, le malheur et l'injustice, la nature semblait nous avoir mis au monde pour nous chercher, pour nous tenir l'un à l'autre lieu de tout, pour nous servir d'appui mutuel, comme deux roseaux qui, battus par la tempête, se soutiennent en s'attachant l'un à l'autre " écrivit-il en 1776 à la mort de son amie.
Une disparition qui le plongea dans le plus grand désespoir. Ne croyant pas en Dieu et ne pouvant se résigner à l'idée d'une séparation éternelle, il lui adressa ces quelques mots,  sorte de prière : " Jouissez sans moi de ce repos que mon amour et mes soins n'ont pu vous procurer. Adieu, adieu pour jamais ".

Adepte du matérialisme et du déterminisme, il ne croit pas au libre arbitre : "La notion de vérité, écrit-il, ne peut être qu'une vérité de conscience". Se croire libre alors qu'on ne l'est pas... côté sombre de d'Alembert. Il défendit Rousseau brocardé par Voltaire : "Souvenez-vous, écrivit-il à ce dernier, que si Rousseau est persécuté, c'est pour avoir jeté des pierres et d'assez bonnes pierres à cette infâme (ndlr : la religion) que vous voudriez voir écraser, et qui fait le refrain de toutes vos lettres ".
Fragile et vulnérable, à la fois sociable et misanthrope, les périodes de gaieté alternant avec celles de la plus grande dépression, d'Alembert, qui, paraît-il, ne détestait pas les propos un peu lestes,  savait aussi être "aimable comme un ange dans la conversation".
D'Alembert, une personnalité complexe. Attachante.  

 


publié dans : Portraits
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Ego...

J'aime Paris, Venise et le XVIIIème.
Tout ou presque tout m'intéresse dans ce siècle, 
"siècle du plaisir qui, loin de le traiter comme une vaine dissipation, s'y plonge avec délices et s'abandonne jusqu'au vertige à l'enchantement des sens ". 
En m'excusant auprès de ceux qui auraient un soupçon de connaissance sur les sujets effleurés et en espérant ne
pas donner la migraine à l'université...
 

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