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Mercredi 25 juillet 2007
 
 

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 Les derniers billets, les dernières lettres de condamnés à l’échafaud de l’An II, ultimes adieux d'êtres humains confrontés à l'imminence de la mort, voilà les documents  étonnants que nous livre Olivier Blanc dans son livre " La Dernière Lettre ".
Une centaine de lettres, écrites à la lueur de la veilleuse d'un cachot de la Conciergerie ou griffonnées à la hâte sur les genoux quelques heures avant de monter à l'échafaud ; leur écriture tremblée, quelquefois presque illisible, dément parfois la fermeté de ton ou la résignation qui émanent de ces ultimes adieux. Et quand leur main tremble trop, ces hommes ou ces femmes ont dicté ces lettres.
Bouleversantes, souvent pudiques, retenues, parfois distantes comme si le supplice imminent indifférait. Souvent dignes. Toujours " vraies ".  Aux portes de la mort, ces hommes et  ces femmes ne trichent pas. Quelle que soit leur classe sociale, qu'ils soient grands seigneurs ou petites gens, révolutionnaires ou royalistes, obscurs ou célèbres, ils sont tous égaux devant l’inéluctable. Une jeune prostituée, Catherine Halbourg,  interpella le duc du Châtelet, terrorisé de passer en jugement, en ces termes : « Apprenez, monsieur le duc, que ceux qui n’ont pas de nom en acquièrent un ici, et que ceux qui en ont un doivent savoir le porter ».
Dans ces billets de la dernière heure, ces " ultima verba " qui ne sont jamais parvenus à leurs destinataires car interceptés par l’administration judiciaire et l'Accusateur public, Fouquier-Tinville, peu de préoccupations politiques. En revanche, tous semblent avoir pour seul souci de laisser à leurs proches une image inaltérée, celle d'honnêtes gens ayant réglé leurs affaires d'ici-bas. Beaucoup, n'ayant pas eu le temps de mettre en ordre leur situation financière au moment de leur arrestation, font un rapport détaillé de leurs dettes ou de leurs créances;  la plupart recommandent leur âme à Dieu, sans sembler être réellement consolés par l’idée de la résurrection. Leur seul tourment, leur seule douleur : quitter ceux qu’ils chérissent, et ne pas sombrer dans l'oubli. Tous, ou presque tous, supplient leur famille de ne pas céder au désespoir : " Adieu pour jamais. Je suis pénétré du regret de te quitter, mais je supporterai mon sort avec fermeté jusqu'au dernier moment. Embrasse pour moi mes enfants et souviens-toi de leur père pour aimer sa mémoire sans être déraisonnablement affectée de sa mort " (Courtonnel, aubergiste normand) ; d'autres expriment  avec pudeur  leur souffrance de devoir renoncer à l’être aimé " Nous nous rejoindrons un jour : un peu plus tôt un peu plus tard, la faux du temps se promène sur toutes les têtes, elle nivelle tout " (Jean-Baptiste de Fontevieux), d’autres encore pardonnent à leur dénonciateur :
"C’est à l’article de la mort, citoyen, que je vous écris pour vous assurer que je n’emporte aucun ressentiment contre toi ou ni contre aucun de ceux qui m’ont, je crois  sans le vouloir, conduit où je suis... Je pardonne de tout mon cœur à ceux qui ont pu être mes ennemis " (Gueau de Reverseaux). Certains crient leur révolte " Mon linge est sale, mes bas sont pourris, ma culotte en pièces, je meurs de faim et d’ennui... Je ne vous écrirai plus, le monde est exécrable, adieu ! " (Millin de Labrosse), d’autres enfin, au paroxysme de la douleur, écrivent à Fouquier-Tinville, telle la jeune Avoye Paville dont l’amant royaliste vient d’être exécuté: " (....) Frappez, terminez une vie qui m’est odieuse et que je ne puis supporter son horreur (sic). Vive le Roi ! N’ayez pas l’air de croire que je sois folle, non, je ne le suis pas. Je pense tout ce que vous venez de lire et je le signe avec mon sang. Vous me trouverez à la maison de santé rue de Buffon, n°4 ". 
Par ces billets,  tragiques et sublimes, les morts ont triomphé de l’oubli.
 

 

La Dernière Lettre
Olivier Blanc
Pluriel.

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Ego...

J'aime Paris, Venise et le XVIIIème.
Tout ou presque tout m'intéresse dans ce siècle, 
"siècle du plaisir qui, loin de le traiter comme une vaine dissipation, s'y plonge avec délices et s'abandonne jusqu'au vertige à l'enchantement des sens ". 
En m'excusant auprès de ceux qui auraient un soupçon de connaissance sur les sujets effleurés et en espérant ne
pas donner la migraine à l'université...
 

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