
En 1793, certains conventionnels avaient évoqué la nécessité de créer un tribunal révolutionnaire "parce que l'on s'est aperçu qu'il n'y avait pas une justice réelle dans la République, qu'il fallait que les traîtres et les conspirateurs soient punis et que l'on a demandé qu'il y eût un tribunal dont on soit sûrs".
Tous les procès-verbaux de
dénonciation, d'information, d'arrestation étaient adressés à la Convention nationale, qui les renvoyait à une commission de ses membres chargée d'examiner les pièces, d'en faire un rapport, de
rédiger les actes d'accusation et de surveiller l'instruction qui se faisait dans le Tribunal.
Le Tribunal révolutionnaire comprenait outre un jury, des juges et quelques membres de la Convention, un
accusateur public, qui était la clef de voûte de cet appareil judiciaire : tout reposait sur lui, c'est lui qui en surveillait le fonctionnement, qui avait le droit de faire arrêter, poursuivre
et livrer au Tribunal tous les prévenus de crime de conspiration contre la sûreté de la nation, exception faite des députés et des généraux. Dès le 13 mars 1793, Fouquier Tinville fut nommé
accusateur public.
Sur un total de 4021 jugements rendus par le Tribunal révolutionnaire, du 16 avril 1793 (premier jugement
rendu) au 27 juillet 1794, il y eut 2585 condamnations à mort et 1306 acquittements. On compte 72 condamnations à la prison, 36 à la déportation. et 22 causes furent renvoyées à d'autres
tribunaux.
Ce livre (passionnant, véritable reportage sous la Terreur) regroupe les procès-verbaux officiels des
grandes audiences du Tribunal révolutionnaire.
Documents
qui, sous la froideur et la sècheresse du compte-rendu, restituent dans leurs peurs , leurs faiblesses, dans leur grandeur, en un mot dans toute leur humanité, ces hommes et ces femmes
qui ont laissé leur empreinte dans l'Histoire : Robespierre, Danton, Madame Roland, Marie-Antoinette, Charlotte Corday, Bailly, les Girondins et les Hébertistes.
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