Le quotidien du petit peuple du XVIIIème, observé avec soin et tendresse par Arlette Farge, une spécialiste du 18 ème.
Au XVIIIe siècle, bon nombre d'hommes et de femmes, qu'ils soient journaliers, domestiques allant et venant d'une ville à l'autre, ou
qu'ils soient tout simplement en rupture de la société fuyant l'hôpital ou la prison menaient une vie précaire, faite d’errance et de misère. Ils ne savaient pour la plupart ni
lire ni écrire. Mais ils savaient ou se doutaient qu'un jour, leur route s'arrêterait brutalement et qu'on les retrouverait morts, recroquevillés au bord d'une route, d'un fossé, d'un chemin de
halage, à l'orée d'un village. Accident, malaises, noyade... C'est pourquoi ils portaient sur leur corps des petits signes écrits d'eux-mêmes qui témoignaient non seulement de leur désir de ne
pas être abandonnés à l'anonymat mais aussi de leur volonté de faire état - malgré tout - de leur existence, si incertaine fut elle.
Retrouvé dans les archives des procès-verbaux de 1761, le plus émouvant de ces billets est ce petit bracelet de parchemin attaché avec une ficelle rouge autour du poignet du cadavre d'un homme de
50 ans " à la barbe noire, aux dents manquantes " sur lequel était écrit :
François Petit
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E 184
♥
Un nom, une lettre, un chiffre, un cœur.
"Le bracelet de parchemin, l’écrit sur soi au XVIIIe siècle"
Arlette Farge
Bayard
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