Un adorable fessier en effet, "superbe et triomphant", qu'immortalisa François Boucher en
1752.
Et accessoirement, un fort joli minois "point marqué par la petite vérole" si l'on en croit un rapport de
police.
Première pensionnaire du Parc aux Cerfs, " La Morphise", à peine âgée de 14 ans, devint à son
corps défendant un enjeu politique et financier : cabales et partis de Cour se livrant à une guerre sans merci autour de la sexualité - très complexe - de Louis XV, elle fut transformée
en instrument de pouvoir.
"Cette petite gueuse" (ainsi l'appelait tendrement Casanova) fut donc sélectionnée, recrutée et protégée par des réseaux très structurés, animés en sous-main par la marquise de Pompadour,
maîtresse royale toute puissante mais qui, fort préoccupée par sa sexualité défaillante, surveillait de très près celle de son royal amant. Du contrôle de la sexualité royale, dépendaient en
effet portefeuilles ministériels, bénéfices ecclésiastiques, bâtons de maréchal etc.
Las, victime des
rivalités entre le clan Pompadour et le clan des dévots, "Morphi" dut renoncer à ses fonctions vers 1755, mais bénéficia tout au long de sa vie du soutien des réseaux qui la conduisirent dans
la couche royale.
Charmeuse, séduisante, pragmatique, douée d'une
exceptionnelle capacité d'adaptation, cette "putain par famille et par état", selon le marquis d'Argenson, parvint à enjôler plusieurs contrôleurs généraux des finances (dont l'abbé Terray,
pourtant redoutable). Elle fut successsivement comtesse de Beaufranchet d'Ayat, puis de Flaghac et fut affiliée aux Lenormant d'Etiolles.
Echappant à la tourmente révolutionnaire, Marie-Louise, comtesse de Flaghac, mourut en 1814 en chaisière respectable.
" Le goût du roi"
Camille Pascal
éditions Perrin






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