Dimanche 22 juillet 2007
Depuis deux siècles, tout a été dit ou presque sur Marie-Antoinette, les historiens ferraillant par le passé entre
deux thèses plombées de clichés, aux schémas très réducteurs : "reine martyre", vénérée sous la Restauration ou "reine scélérate", vouée aux gémonies par les républicains et les antimonarchistes,
Thomas Jefferson prétendant même que, sans elle, la Révolution n'aurait pas eu lieu. Depuis, les points de vue ont évolué, et si le culte dont cette reine fut l'objet demeure encore aujourd'hui,
des biographies sérieuses et dépouillées de tout aspect partisan ont vu le jour.
N'empêche. Quelques questions demeurent. Jusqu'au règne de Louis XVI, les favorites, et non les reines, occupaient le devant la scène et cristallisaient le mécontentement populaire.
Pourquoi la reine Marie-Antoinette changea-t-elle la donne ? En raison de sa personnalité, bien sûr, dont on sait tout ou presque tout, tant elle a été fouillée, disséquée mais sur laquelle on ne cesse de se pencher.
Marie Antoinette : une jeune femme ravissante et délicieuse mais totalement inapte au métier de souveraine, qui affaiblit l'autorité du roi par son comportement irréfléchi et imprudent. Cette femme-enfant, cette " tête à vent " (selon les propres termes de son frère, Joseph II), qui, comme le dit Jean-Christian Petitfils, " voulait à la fois la lumière et l'obscurité, les honneurs et l'isolement " devint Reine sur le tard, lorsqu'on lui retira la couronne.
Certains biographes penchent pour une lente évolution de sa personnalité et une prise de conscience de ses responsabilités, d'autres pensent que c'est la réalité à laquelle elle fut confrontée qui changea, non son caractère.
Mais, outre sa personnalité, n'y a-t-il pas tout de même d'autres facteurs qui ont contribué à la légende noire de Marie-Antoinette ?
N'est-ce pas finalement, entre autres, parce qu'elle était une Habsbourg ? Son mariage avec Louis XVI fut l'oeuvre de sa mère, redoutable et redoutée, Marie-Thérèse d'Autriche. Par cette union, elle cherchait à renforcer les avantages tirés du contrat passé avec la France pendant la guerre de 7 ans, contrat qui fut bien moins avantageux pour la France; par ce mariage, elle entendait aussi que sa fille serve les intérêts de l'Autriche. Or, sur son lit de mort, Louis XIV avait recommandé à ses descendants de ne pas s'allier à la maison d'Autriche. Alors... qu'un roi de France, poussé par un ministre (Choiseul) se résigne, faute d'avoir trouvé un parti plus gratifiant, à épouser une archiduchesse autrichienne indigna non seulement la France mais aussi la Cour.
N'est-ce pas finalement aussi de la responsabilité de la Cour, qui lui fut très rapidement hostile ? De Versailles, qui lui tourna très vite le dos ? Les vieilles filles dévotes de Louis XV, haïssant Choiseul, du fait qu'il avait bouté les jésuites hors de France, furent les premières à appeler Marie-Antoinette " L'Autrichienne".
Certes, par son dédain, la reine blessa l'orgueil des plus grandes familles de France et s'aliéna les grands noms, soutiens indispensables du trône. Mais il semble bien que ce soit de Versailles et non de Paris que partirent les accusations les plus ignominieuses. Après tout, ces ragots, qui se déversaient dans les rues de Paris, ne se fondaient-ils pas sur des faits que seuls les courtisans (et les frères du roi) pouvaient connaître... ?
N'empêche. Quelques questions demeurent. Jusqu'au règne de Louis XVI, les favorites, et non les reines, occupaient le devant la scène et cristallisaient le mécontentement populaire.
Pourquoi la reine Marie-Antoinette changea-t-elle la donne ? En raison de sa personnalité, bien sûr, dont on sait tout ou presque tout, tant elle a été fouillée, disséquée mais sur laquelle on ne cesse de se pencher.
Marie Antoinette : une jeune femme ravissante et délicieuse mais totalement inapte au métier de souveraine, qui affaiblit l'autorité du roi par son comportement irréfléchi et imprudent. Cette femme-enfant, cette " tête à vent " (selon les propres termes de son frère, Joseph II), qui, comme le dit Jean-Christian Petitfils, " voulait à la fois la lumière et l'obscurité, les honneurs et l'isolement " devint Reine sur le tard, lorsqu'on lui retira la couronne.
Certains biographes penchent pour une lente évolution de sa personnalité et une prise de conscience de ses responsabilités, d'autres pensent que c'est la réalité à laquelle elle fut confrontée qui changea, non son caractère.
Mais, outre sa personnalité, n'y a-t-il pas tout de même d'autres facteurs qui ont contribué à la légende noire de Marie-Antoinette ?
N'est-ce pas finalement, entre autres, parce qu'elle était une Habsbourg ? Son mariage avec Louis XVI fut l'oeuvre de sa mère, redoutable et redoutée, Marie-Thérèse d'Autriche. Par cette union, elle cherchait à renforcer les avantages tirés du contrat passé avec la France pendant la guerre de 7 ans, contrat qui fut bien moins avantageux pour la France; par ce mariage, elle entendait aussi que sa fille serve les intérêts de l'Autriche. Or, sur son lit de mort, Louis XIV avait recommandé à ses descendants de ne pas s'allier à la maison d'Autriche. Alors... qu'un roi de France, poussé par un ministre (Choiseul) se résigne, faute d'avoir trouvé un parti plus gratifiant, à épouser une archiduchesse autrichienne indigna non seulement la France mais aussi la Cour.
N'est-ce pas finalement aussi de la responsabilité de la Cour, qui lui fut très rapidement hostile ? De Versailles, qui lui tourna très vite le dos ? Les vieilles filles dévotes de Louis XV, haïssant Choiseul, du fait qu'il avait bouté les jésuites hors de France, furent les premières à appeler Marie-Antoinette " L'Autrichienne".
Certes, par son dédain, la reine blessa l'orgueil des plus grandes familles de France et s'aliéna les grands noms, soutiens indispensables du trône. Mais il semble bien que ce soit de Versailles et non de Paris que partirent les accusations les plus ignominieuses. Après tout, ces ragots, qui se déversaient dans les rues de Paris, ne se fondaient-ils pas sur des faits que seuls les courtisans (et les frères du roi) pouvaient connaître... ?





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