
De belle stature, l'oeil ardent, un sourire irrésistible, des convictions religieuses fluctuantes et de l'esprit à
revendre, le cardinal de Bernis avait tout pour séduire ce XVIIIème siècle. Ninon de Lenclos, la première, le comprit : " Il aura un jour plus d'esprit qu'il ne lui en faudra et c'est
bien dommage".
Et en effet, tout ce que ce siècle compta de brillant l'aima, l'adora même. Pour sa culture, son intelligence et sa bonté.
Ami lucide (mais néanmoins fidèle) de la Pompadour, frère en libertinage de Casanova, affectueusement taquiné par Voltaire, ce poète (raté et conscient de l'être), ce politique (qui
n'aimait rien tant que la paix et la tolérance), ce cardinal (tiraillé entre l'alcôve et l'autel), cet
ambitieux (de qualité) représenta la quintessence de cet esprit français du XVIIIème siècle.
Une figure lumineuse.
Jean-Marie Rouart
Folio





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