Un langage pur et élégant, une sensibilité exacerbée.
Ecartelée entre la raison et la passion, la mesure et la démesure, la délicatesse et la violence, brûlant
sciemment son existence, Julie de Lespinasse qui ne " savait faire qu'aimer " choisit de mourir
d'amour pour un homme, le comte de Guibert, qui, tout en subissant l'ascendant intellectuel de Julie, fut incapable de répondre à ses attentes.
Une liaison tumultueuse faite de mensonge et de mystification.
C'est ce qui ressort de la centaine de lettres que Julie de Lespinasse lui adressa en l'espace de trois ans. La passion amoureuse, déclinée dans toutes ses tonalités, dans toutes
ses gammes...
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Lettre IX - De tous les instants de ma vie, 1774
Mon ami, je souffre, je vous aime, et je vous
attends.
Lettre XI
- Onze heures du soir, 1774
Je parie que vous n'êtes pas aussi endormi aujourd'hui que vous l'étiez hier soir à cette heure-ci, et cela
est bien simple; on vous amuse, on vous intéresse et vous avez envie de plaire.
Mon ami, vous n'êtes pas fait pour l'intimité: vous avez besoin de vous répandre; le mouvement, le brouhaha de la société vous sont nécessaires: ce n'est pas le besoin de votre vanité,
mais c'est celui de votre activité. La confiance, la tendresse, cet oubli de soi et de tout son amour-propre, tous ces biens sentis et appréciés par une âme tendre et passionnée,
éteignent et engourdissent la vôtre.
Oui, je le répète : vous n'avez pas besoin d'être aimé. Quelle étrange méprise ! mon Dieu ! et j'ose accuser certaines gens de manquer de discernement; j'ose dire qu'ils n'observent rien,
qu'ils ne connaissent pas les hommes. Ah ! comment ai-je été égarée, trompée à un tel excès ? comment mon esprit n'a-t-il pas arrêté mon âme ? et comment se fait-il qu'en vous jugeant
sans cesse, je sois toujours entraînée ? Vous ne connaissez pas la moitié de l'ascendant que vous avez sur moi, vous ne savez pas ce que vous avez à vaincre chaque fois que je vous vois,
(...) vous ne savez pas à quel point je renonce à moi pour être à vous.
" Mon ami, je vous aime " Julie de Lespinasse Le petit Mercure Mercure de France
J'aime Paris, Venise etle XVIIIème. Tout ou presque tout m'intéressedans ce siècle, "siècle du plaisir qui, loin de le traiter comme une vaine dissipation, s'y plonge avec délices et s'abandonne
jusqu'au vertige à l'enchantement des sens ".
En m'excusant auprès de ceux qui auraient un soupçon de connaissance sur les sujets effleurés et en espérant
ne pas donner la migraine à l'université...
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