Mardi 26 février 2008
Patricien, fils de patriciens, issu des soixante-quatre familles entrées dans l'ordre des Quaranties en 1297, appartenant au Grand
Conseil, Giorgio Zorzi Baffo siègea jusqu'à sa mort survenue à l'âge de 74 ans dans la plus importante et la plus prestigieuse des sections des
Quaranties : la Quarantia Criminale. Surveiller les affaires criminelles ne l'empêcha pas d'écrire des poèmes licencieux en dialecte vénitien, qu'il dédia
"aux hommes et aux femmes aimant à rire et sachant regarder les choses du bon côté ".Grand ami de Casanova qu'il connut enfant - et dont on peut se demander s'il ne fut pas le véritable père -, il l'encouragea à penser par lui-même, à proscrire la lâcheté et la crédulité, à railler les poètes précieux qui écrivaient "monts d'albâtre" au lieu de " fesses".
Pour Apollinaire, il fut "ce fameux vérolé, surnommé l’obscène, que l’on peut regarder
comme le plus grand poète priapique qui ait jamais existé et en même temps comme l’un des poètes les plus lyriques du XVIIIe siècle, écrivant dans ce patois vénitien qu’ont illustré un grand
nombre d’ouvrages remarquables dans tous les genres ".Pour Robert Desnos, Baffo représenta " un maître en amour aussi bien qu'en poésie, il révolutionne semble-t-il l'un et l'autre. L'extrême aristocratie de l'image et l'égalité du lyrisme, promettent Baffo à une place élevée aussi bien dans la littérature érotique que dans l'histoire de l'esprit humain ".
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" Poèmes luxurieux de la Venise du XVIIIe "
Michèle Teysseyre (Illustrateur)
L'Archange Minotaure (Editeur)
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