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Jeudi 28 février 2008
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 " La figure de Marie-Antoinette a toujours fait l’objet d’interprétations multiples : l’« Autrichienne » avide de plaisirs dispendieux, « Victime » de la liturgie versaillaise, ou encore « Ecervelée » boulimique de macarons…
Que sait-on cependant du personnage historique ? C’est l’ambition de l’exposition de cerner au plus près le destin d’exception d’une des dernières reines de France, de Schönbrunn à la Conciergerie.

En réunissant un ensemble exceptionnel de plus de 300 œuvres (peintures, sculptures, objets d’art…) provenant de toute l’Europe, l’exposition met en lumière la personnalité et le destin de Marie-Antoinette. Elle invite le public à cheminer à ses côtés, de la cour d’Autriche à la Conciergerie. "

Du 15 mars au 30 juin 2008 
Galeries nationales du Grand Palais
3 avenue du Général Eisenhower
75008 Paris
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Mardi 26 février 2008


undefinedPatricien, fils de patriciens, issu des soixante-quatre familles entrées dans l'ordre des Quaranties en 1297, appartenant au Grand Conseil, Giorgio Zorzi Baffo siègea jusqu'à sa mort survenue à l'âge de 74 ans dans la plus importante et la plus prestigieuse des sections des Quaranties : la Quarantia Criminale. Surveiller les affaires criminelles ne l'empêcha pas d'écrire des poèmes licencieux en dialecte vénitien, qu'il dédia "aux hommes et aux femmes aimant à rire et sachant regarder les choses du bon côté ".
Grand ami de Casanova qu'il connut enfant - et dont on peut se demander s'il ne fut pas le véritable père -, il l'encouragea à penser par lui-même, à proscrire la lâcheté et la crédulité, à railler les poètes précieux qui écrivaient "monts d'albâtre" au lieu de " fesses".  



undefinedPour Apollinaire, il fut "ce fameux vérolé, surnommé l’obscène, que l’on peut regarder comme le plus grand poète priapique qui ait jamais existé et en même temps comme l’un des poètes les plus lyriques du XVIIIe siècle, écrivant dans ce patois vénitien qu’ont illustré un grand nombre d’ouvrages remarquables dans tous les genres ".
Pour Robert Desnos, Baffo représenta " un maître en amour aussi bien qu'en poésie, il révolutionne semble-t-il l'un et l'autre. L'extrême aristocratie de l'image et l'égalité du lyrisme, promettent Baffo à une place élevée aussi bien dans la littérature érotique que dans l'histoire de l'esprit humain ".


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" Poèmes luxurieux de la Venise du XVIIIe "
Michèle Teysseyre (Illustrateur)
L'Archange Minotaure (Editeur)

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Jeudi 21 février 2008

 Par Mona Ozouf

 

Selon les auteurs du «Livre noir de la Révolution française», la guillotine annoncerait le nazisme, et les révolutionnaires auraient inventé l'antisémitisme. N'importe quoi.

undefined Ce gros livre en habit de deuil, on le reçoit comme on découvre dans sa boîte aux lettres un cercueil menaçant. L'air du temps a soufflé sur cet objet lugubre, nouvel avatar de l'histoire justicière: après nous avoir mis en demeure de nous repentir de la traite négrière, du génocide arménien, de la colonisation, nous voici conviés à faire pénitence pour la Révolution française. Défilent donc ici les têtes au bout des piques, les prêtres massacrés, les colonnes de Turreau, le calvaire du petit Louis XVII. Et de l'autre côté, car toute histoire noire appelle sa bibliothèque rose, Louis XVI, «le seul grand homme de la Révolution», Marie-Antoinette, «âme mozartienne, priante et héroïque». John Adams lui-même est convoqué pour célébrer, chez les Bourbons pris en bloc, «le lait de la tendresse humaine».

Livre d'époque donc, qui rêve d'une société où l'Eglise informerait à nouveau les cadres de l'existence collective: derrière lui, on voit se profiler un autre livre noir, de la laïcité cette fois, qui devrait plaire au chanoine de Latran. Livre d'époque encore, qui désigne à la vindicte publique les «historiens», espèce nuageuse occupée à cacher, travestir, «occulter» les vérités déplaisantes, comme le sacrifice du roi, «biffé par la normalisation historienne». La Révolution, nous est-il confié, a joui jusqu'à ce jour du «singulier privilège de rester en dehors de l'inventaire, à jamais intouchable». Intouchable? Qui peut le croire, après deux siècles de mises en examen, de procès, de preuves accablantes exhibées au prétoire, et l'armada des procureurs, de Joseph de Maistre à Léon Bloy?
Livre d'époque toujours, pour entonner l'air à la mode: des Lumières est sorti le Goulag, Lénine procède de Rousseau, et le totalitarisme nazi a ses racines dans la Révolution française. Il en inverse pourtant radicalement les principes, mais ici nul ne se soucie de ce détail, et cette simplification inspire les morceaux les plus extravagants de l'ouvrage. On apprend que la Révolution a inventé l'antisémitisme; que «ce que les révolutionnaires ont voulu faire (faire disparaître les juifs), Hitler l'a réussi en Europe». Un syllogisme implacable préside à certaines de ces démonstrations folles: on reconnaît, comme vous savez, les fascistes à quelques traits génériques, fulgurance, audace, insolence, laconisme, sobriété; or Saint-Just possédait ces caractères; ergo, Saint-Just est un précurseur du fascisme. Un hasard, dites-vous? Détrompez-vous, «il n'y a pas de hasard».
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On pouvait espérer qu'une exploration du versant noir de la Révolution ferait surgir de grandes questions, toujours ouvertes: pourquoi les Français ont-ils fait du rejet radical de leur passé le principe de la Révolution? Pourquoi la conception autoritaire du pouvoir y a-t-elle triomphé si tôt de l'inspiration libérale? Et comment mener la comparaison entre la France et les pays qui ont fait l'économie d'une révolution, question héritée de Pierre Chaunu (auquel on a emprunté, pour ouvrir ce recueil dépourvu d'introduction, un texte du bicentenaire qui résume la Révolution française en quatre vocables: «rancune, ignorance, fatuité, bêtise») . Mais n'espérez pas voir ici ces grands sujets traités. L'escouade d'«essayistes», de «dramaturges», d'«historiens» et de «philosophes» que ce livre rassemble s'emploie, non à comprendre, mais à juger le passé national; et pour l'avenir, à formuler des vœux: d'abord, que «le XXIe siècle finissant voie un retour en force de la foi chrétienne»; puis que surgisse enfin le principe salvateur capable de garantir l'unité du pays. Et «pourquoi ne serait-ce pas un roi?». L'ouvrage s'achève sur ce frémissant espoir.
Le coordonnateur négligent de ce livre bâclé, jargonneur de surcroît (on n'hésite pas, ici, à définir la Révolution comme «un prisme qui s'autorèfracte»), a senti le besoin de l'orner de quelques grandes signatures.
Jean Tulard et Emmanuel Le Roy Ladurie se sont donc exécutés, sans grand entrain m'a-t-il semblé. Sur Napoléon et la Révolution, pour le premier, sur le climat, pour le second, ils ont rendu des copies honorables, mais hors sujet, pierres incertaines apportées à l'édifice. Certes, Emmanuel Le Roy Ladurie nous apprend qu'il a fait un temps de cochon pendant l'année 1788, coups de chaleur d'un printemps torride, grêle et pluies d'un été pourri. La Révolution pourtant, il le reconnaît de bonne grâce, a éclaté pour des raisons complexes, «qui n'ont rien à voir avec notre présent exposé». Une conclusion que pourraient reprendre à leur compte presque tous les contributeurs fatigués d'un livre grisâtre.

M. O.
«Le Livre noir de la Révolution française», sous la direction de Renaud Escande, Editions du Cerf, 882 p., 44 euros.
 
Source: «le Nouvel Observateur» du 21 février 2008.
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Mardi 19 février 2008
Article de Jacques Julliard
paru en 2006 dans le Nouvel Observateur


Bien avant que la tête de Capet ne roule au pîed de l'échafaud, les Lumières avaient jeté bas les valeurs de l'ordre ancien.
Les idées neuves se nommaient : science, raison, liberté de conscience, progrès.

undefinedVoltaire


   L'Ancien Régime intellectuel n'a pas pris fin en 1789 mais en 1715.
Dans les trente-cinq années qui précèdent la mort de Louis XVI, remarque Paul Hazard dans un livre classique, on assiste à un basculement sans précédent par sa radicalité et sa rapidité de toutes nos manières de penser. Tout à coup, la hiérarchie, la discipline, l'ordre, l'autorité, les dogmes s'effacent devant des valeurs nouvelles qui se nomment science, raison, liberté de conscience. C'est sans doute dans le domaine religieux que le bouleversement est le plus profond, au moins pour les classes dirigeantes. Le droit divin cède le pas au droit naturel. La grande vaincue, avant la monarchie, c'est l'Eglise catholique. « La majorité des Français pensait comme Bossuet, tout d'un coup, les Français pensent comme Voltaire : c'est une révolution » (1).

Si Voltaire est la figure la plus représentative du siècle des Lumières, c'est pourtant Rousseau qui lui fournit sa forme définitive aux yeux des générations futures. Toutes les grandes passions modernes, toutes nos névroses contemporaines aussi prennent leur source dans son oeuvre : l'adolescence et la pédagogie ; les intellectuels et la sincérité ; la démocratie et l'égalité ; l'individualisme et la recherche du bonheur. Et même l'idée de progrès, ou plutôt celle de perfectibilité qu'il introduit dans le deuxième « Discours ». Mais le XVIIIe a trop cru à la nature pour avoir compris, à l'exception de Turgot et de Condorcet, le rôle que le progrès allait jouer au siècle suivant. A l'époque, la nature est une idée de gauche et la culture, une idée de droite. Aujourd'hui, en dépit de l'écologie, c'est l'inverse.

undefinedRousseau

      N'allons surtout pas conclure de ce grand chambardement intellectuel que l'« Encyclopédie » et « le Contrat social » sont à l'origine de la Révolution.
Mona Ozouf montre bien, plus loin, que la Révolution n'est ni la faute à Voltaire ni la faute à Rousseau. D'autant moins que la Révolution, dans leur domaine qui est celui de l'esprit, ils l'avaient déjà faite ! De sorte que la vraie question n'est pas de savoir quelle influence les Lumières ont exercée sur la Révolution française, mais plutôt pourquoi, le XVIIIe siècle ayant eu lieu, la Révolution n'en est pas moins demeurée nécessaire. Parce que, répond le bon sens, l'Etat et la politique n'avaient pas encore été touchés par la grande révolution intellectuelle que la France avait connue au XVIIIe siècle. Le mérite de François Furet est d'avoir montré que la Révolution ne fut essentielle ni dans le domaine des idées ni dans celui de l'économique et du social : c'est au chapitre du politique qu'elle a innové le plus radicalement, en substituant la souveraineté du peuple au principe monarchique comme base de la légitimité. Mais aussi en inventant des formes politiques nouvelles, inédites, comme le jacobinisme.

A cet éventail de raisons, Marc Fumaroli vient d'en ajouter une, inattendue et originale : la faillite des historiens de la France au XVIIIe siècle. Dans l'introduction et la conclusion d'un livre collectif, érudit et stimulant (2) consacré à l'historiographie du XVIIIe siècle, il suggère que l'incapacité des historiens de l'époque à susciter un « civisme monarchique », autrement dit à faire de quatorze siècles d'histoire le fondement incontestable d'une légitimité dynastique, a laissé la royauté française démunie au moment où elle aurait eu le plus besoin de s'identifier au sentiment national et au devenir de la nation.
C'est à la cour de Frédéric II, en Prusse, que le plus grand historien français du siècle, Voltaire, fait briller ses talents, non à Versailles... Dans ce domaine, la République, notamment la IIIe, réussira mieux que la monarchie, en se présentant en aboutissement logique et moral de l'histoire de France.
Avant de perdre sa tête sur l'échafaud, Louis XVI avait déjà perdu pendant son règne la bataille de la mémoire.

(1) « La Crise de la conscience européenne, 1680-1715 », Fayard, 1961.
(2)
« Historiographie de la France et mémoire du royaume au xviiie siècle », Actes des journées d'étude au Collège de France, réunis par Marc Fumaroli et Chantal Grell, Ed. Honoré Champion.

 


Jacques Julliard
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Vendredi 8 février 2008
undefinedLe Chevalier de Saint-Georges, un Guadeloupéen qui, emmené à Paris vers 1750, à l'âge de dix ans, par son père, un grand seigneur propriétaire de plantations, eut un destin plein de contrastes pittoresques.
Homme à la mode et à bonnes fortunes, il prit une grande part aux plaisirs tourbillonnants de l'Ancien Régime finissant puis connut les orages de la Révolution. Célèbre virtuose du violon, compositeur fort goûté, initiateur du quatuor à cordes, auteur applaudi de "comédies à ariettes", il excellait en même temps dans tous les exercices du corps, notamment dans le maniement de l'épée, où, dans l'Europe entière, il n'avait pas son égal.
La Révolution venue, il embrassa les idées nouvelles. Quand la patrie fut déclarée en danger, il mit sur pied un régiment qui allait devenir le "13e régiment de chasseurs à cheval". A la tête de ce régiment, comme chef de brigade, il combattit les Autrichiens dans  les Flandres, sous Dumouriez, qu'il ne suivit pas  dans sa trahison, à la différence du petit-fils de son protecteur de naguère, le duc d'Orléans.
Mis néanmoins en prison sous la Terreur, il y fut maintenu pendant de nombreux mois, mais échappa à la guillotine.

Le 12 février, au grand auditorium François Mitterrand  :  "Musiques inédites du Chevalier de Saint-Georges : la Symphonie Concertante n°2. "
publié dans : Portraits
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Vendredi 8 février 2008
undefinedCritique de Philippe-Jean Catinchi 
"Le Monde des Livres" du 07-02-2008

    Y a-t-il une délectation "tendance" à instruire des dossiers noirs pour provoquer la polémique plutôt que de servir en historien son propos ? La question est une nouvelle fois posée par le volume que publie Renaud Escande sous le titre - racoleur ? - Le Livre noir de la révolution française.
Le générique, éclectique (Tulard, Le Roy-Ladurie, Courtois...) - on ouvre le tome sur une imprécation tout en finesse de Pierre Chaunu, montage d'un texte vieux de près d'un quart de siècle -, n'est pas plus explicite que la présentation du propos, renvoyée à la quatrième de couverture.
D'où le malaise devant une somme où il semble que le ton doive emprunter à Fouquier-Tinville pour pourfendre ses compagnons d'idéologie. Même Jean-Christian Petitfils, étudiant avec pertinence "la révolution de la souveraineté" à la veille de 1789, se fend d'une charge contre ceux qui ont "odieusement piétiné" la mémoire de Louis XVI ! Reste que le livre se découpe en trois parties : la première, s'en tenant aux "faits", mêle les évocations affectives - Diesbach, qui s'indigne qu'une commémoration du massacre des Suisses, le 10 août 1792, ait lieu aux Invalides plutôt qu'à Notre-Dame (!) - et les apports réels (Bruno Centorame, Christophe Boutin), les analyses fines et les discours abrupts qu'aucun apparat critique n'étaie.

La copieuse anthologie de textes qui clôt l'ensemble, intéressante, manque pareillement de présentation critique, les informations liminaires ne pouvant en tenir lieu. Et que dire d'un chapitre "divers" qui dévoile crûment l'amateurisme du plan.
Reste le volet central, consacré au "génie" (?). Proposant de Malesherbes et Rivarol à Bernanos et Arendt une vingtaine de figures littéraires qui ont abordé le séisme révolutionnaire, cette partie médiane, si elle n'échappe pas au ton imprécateur ou partisan qui ruine la leçon d'exemplarité méthodologique qu'elle prétend proposer, permet de revisiter une généalogie intellectuelle méconnue et de (re)découvrir Donoso Cortès, sinon Augustin Cochin.
C'est peut-être maigre pour justifier un projet flou, mal bâti et qui a la sottise de pronostiquer l'avenir des commémorations de la Révolution. Ce style de plaisanterie dit assez à quel point nul ne sait ce qu'il a en main.



LE LIVRE NOIR DE LA RÉVOLUTION FRANÇAISE.
Sous la direction de Renaud Escande
Cerf
publié dans : Révolution
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Ego...

J'aime Paris, Venise et le XVIIIème.
Tout ou presque tout m'intéresse dans ce siècle, 
"siècle du plaisir qui, loin de le traiter comme une vaine dissipation, s'y plonge avec délices et s'abandonne jusqu'au vertige à l'enchantement des sens ". 
En m'excusant auprès de ceux qui auraient un soupçon de connaissance sur les sujets effleurés et en espérant ne
pas donner la migraine à l'université...
 

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