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Jeudi 31 janvier 2008
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On a dit tout ou presque tout sur ce livre.
Qu'il était un roman moraliste dans lequel Choderlos de Laclos dénonçait le relâchement des moeurs et le libertinage d'une noblesse arrogante et oisive de cette fin du XVIIIe siècle au travers de ces deux fauves flamboyants que sont Valmont et Merteuil qui,croyant appartenir à la race des maîtres veulent asservir l'autre.

Qu'il était peut-être un roman "camouflage", Laclos empruntant le masque de la vertu pour mieux écrire un roman libertin.
Les Liaisons dangereuses, livre emblématique s'il en est du XVIIIeme, témoigne à la fois d'une fascination et d'un dégoût pour un régime et une société qui sombrent. Une société légère, élégante, raffinée, perverse et cruelle.
Roman de la séduction-destruction, dans lequel le plaisir de détruire remplace peu à peu, au fil des pages, le plaisir de séduire. Roman ou l'amour-jeu floute les valeurs et mine en profondeur les codes sociaux : l'authenticité des sentiments, hautement suspecte, est tournée en dérision, l'idéal de pureté et d'amour (pourtant si fascinants pour la marquise de Merteuil et le vicomte de Valmont) doit "expirer dans une lente agonie" (Lettre LXX). C'est un univers dans lequel, le paraître et l'artifice régnant en maîtres, le plaisir de la transgression (morale, religieuse) confine à la jouissance.
Roman de guerre, de guerre à mort entre deux êtres féroces unis par des liens complexes, passionnels, entre deux volontés de puissance, entre deux "moi" magnifiquement analysés. 

Un livre fascinant. Qui se lit et se relit. Inlassablement.



















publié dans : Futilités
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Lundi 21 janvier 2008

Scrutin du 17 janvier 1793


L'Assemblée est composée de  749 membres.

- 15 membres absents par commission.
7 membres absents par maladie.
1 membre absent par sans cause.
5 membres non votants.
   Votants :  721.
   Majorité absolue : 361.

2 ont voté pour les fers.
286 pour la détention ou le bannissement à la paix ou par le bannissement immédiat ou pour la réclusion, et quelques-uns y ont ajouté la peine de mort conditionnelle, si le territoire était envahi.
46 ont voté pour la mort avec sursis soit après l'expulsion des Bourbons, soit à la ratification de la Constitution.
361 ont voté pour la mort.
26  pour la mort en demandant une discussion sur le point de savoir s'il conviendrait à l'intérêt public qu'elle fût ou non différée et en déclarant leur voeu indépendant de cette demande.



Source : "Les dernières noces de la monarchie " - Evelyne Lever (Fayard)

Louis XVI fut exécuté le 21 janvier 1793.
publié dans : Révolution
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Lundi 21 janvier 2008
Saint-Just et Robespierre réclamaient un procès politique, la Convention hésitait à se prononcer. Des preuves irréfutables de trahison manquaient encore. La découverte de " l'armoire de fer", le 20 novembre 1792,  les fournit aux députés et à l'opinion.
Louis XVI fut condamné à mort et exécuté le 21 janvier 1793
 
Extraits du discours de Robespierre à l'Assemblée, le 3 décembre 1792.
 
Citoyens,
L'Assemblée a été entrainée, à son insu, loin de la véritable question. Il n’y a point ici de procès à faire. Louis n’est point un accusé. Vous n’êtes point des juges. Vous n’êtes, vous ne pouvez être que des hommes d’État, et les représentants de la nation.
Vous n’avez point une sentence à rendre pour ou contre un homme, mais une mesure de salut public à prendre, un acte de providence nationale à exercer.
Un roi détrôné, dans la République, n’est bon qu’à deux usages : ou à troubler la tranquillité de l’État et à ébranler la liberté, ou à affermir l’une et l’autre à la fois. Or je soutiens que le caractère qu’a pris jusqu’ici votre délibération, va directement contre ce but.
En effet, quel est le parti que la saine politique prescrit pour cimenter la République naissante?
C’est de graver profondément dans les cœurs le mépris de la royauté, et de frapper de stupeur tous les partisans du roi.
Donc, présenter à l’univers son crime comme un problème, sa cause comme l’objet de la discussion la plus imposante, la plus religieuse, la plus difficile qui puisse occuper les représentants du peuple français, mettre une distance incommensurable entre le seul souvenir de ce qu’il fût, et la dignité d’un citoyen, c’est précisément avoir trouvé le secret de le rendre encore dangereux à la liberté.
  Louis fut roi, et la République est fondée : la question fameuse qui vous occupe est décidée par ces seuls mots. Louis a été détrôné par ses crimes. Louis dénonçait le peuple français comme rebelle.
Il a appelé, pour le châtier, les armes des tyrans ses confrères; la victoire et le peuple ont décidé que lui seul était rebelle.
Louis ne peut donc être jugé; il est déjà jugé. Il est condamné, ou la République n’est point absoute. Proposer de faire le procès de Louis XVI, de quelque manière que ce puisse être, c’est rétrograder vers le despotisme royal et constitutionnel; c’est une idée contre-révolutionnaire, car c’est mettre la Révolution elle-même en litige.
En effet, si Louis peut être encore l’objet d’un procès, Louis peut être absous; il peut être innocent.
Que dis-je ? Il est présumé l’être jusqu’à ce qu’il soit jugé. Mais si Louis est absous, si Louis peut être présumé innocent, que devient la Révolution ?
Si Louis est innocent, tous les défenseurs de la liberté deviennent des calomniateurs. Tous les rebelles étaient les amis de la vérité et les défenseurs de l’innocence opprimée; tous les manifestes des cours étrangères ne sont que des réclamations légitimes contre une faction dominatrice.
La détention même que Louis a subie jusqu’à ce moment, est une vexation injuste; les fédérés, le peuple de Paris, tous les patriotes de l’empire français sont coupables; et ce grand procès, pendant au tribunal de la nature, entre le crime et la vertu, entre la liberté et la tyrannie, est enfin décidé en faveur du crime et de la tyrannie. (...)
Le procès de Louis XVI ! Mais qu'est-ce que ce procès si ce n'est un appel de l'insurrection à un tribunal ou à une Assembléé quelconque ? Quand un roi a été anéanti par le peuple, qui a le droit de le ressusciter pour en faire un nouveau prétexte de trouble et de rébellion? (...) En ouvrant une arène aux champions de Louis XVI, vous ressuscitez toutes les querelles du despotisme contre la liberté, vous consacrez le droit de blasphémer contre la République et contre le peuple (...), vous réveillez toutes les factions, vous ranimez, vous encouragez le despotime assoupi.
A quelle peine condamnerons-nous Louis ? "La peine de mort est trop cruelle". "Non, dit un autre, la vie est plus cruelle encore. Je demande qu'il vive". Avocats du roi, est-ce par pitié ou par cruauté que vous voulez le soustraire à la peine de ses crimes?
Pour moi, j'abhorre la peine de mort votée par vos lois, et je n'ai pour Louis ni amour ni haine : je ne hais que ses forfaits.
J'ai demandé l'abolition de la peine de mort à l'Assemblée que vous nommez encore Constituante et ce n'est pas ma faute si les premiers principes de la raison lui ont paru des hérésies morales et politiques. Mais si vous vous avisâtes jamais de les réclamer en faveur de tant de malheureux, dont les délits sont moins les leurs que ceux du gouvernement, par quelle fatalité, vous en souvenez-vous seulement pour plaider la cause du plus grand de tous les criminels? Vous demandez une exception à la peine de mort pour celui-là seul qui peut la légitimer? Oui, en général, la peine de mort est un crime,(...) elle ne peut etre justifiée que dans les cas où elle est nécessaire à la sûreté des individus ou du corps social. (...) mais un roi dont le nom seul attire le fléau de la guerre sur la nation agitée, ni la prison ni l'exil ne peut rendre son existence indifférente au bonheur public. (...) Je prononce à regret cette fatale vérité, Louis doit mourir parce qu'il faut que la patrie vive.


Source : "Robespierre - Discours" - 10/18.

 
publié dans : Révolution
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Samedi 19 janvier 2008

undefinedTandis que son père, après avoir fait le décompte des filles nobles à marier, fixe enfin son choix sur Renée-Pélagie de Montreuil, parti loin d'être négligeable quoique de petite noblesse, Donatien Alphonse François de Sade tombe éperdument amoureux d'une charmante personne, Laure-Victoire Adeline de Lauris. Elle a 22 ans, de jolis yeux et appartient à la plus vieille noblesse de Provence.
Très épris, il lui demande dès le début de leur liaison de l'épouser. La belle tergiverse. Il lui adjure de le rejoindre à Paris, elle refuse. Il s'impatiente, tempête, se désespère. Rien n'y fait. Mlle de Lauris décide finalement de rompre, plongeant Donatien dans le plus grand désarroi.  


Extraits de la lettre qu'il lui écrivit le 6 avril 1768 :


"
Parjure ! Ingrate ! Que sont devenus ces sentiments de m'aimer toute ta vie ? Qui t'oblige à l'inconstance ? Qui t'oblige à rompre de toi-même les noeuds qui pour jamais allaient nous unir ? (...)
Fourbe! Ingrate ! Tu craignais d'être réunie à quelqu'un qui t'adorait. Ces liens d'une chaîne éternelle te devenaient à charge, et ton coeur, que l'inconstance et la légéreté savent seuls séduire, n'était pas assez délicat pour en sentir tous les charmes. C'est de quitter Paris qui t'effrayait; mon amour ne te suffisait pas; je n'étais pas fait pour le fixer. Va, ne le quitte jamais, monstre, né pour le malheur de ma vie ! (...)
Mais que dis-je ? Ah, ma chère amie ! Ah, ma divine amie ! Seul soutien de mon coeur, seul délice de ma vie, mon cher amour, où m'emporte mon désespoir ? Pardonne aux expressions d'un malheureux qui ne se connaît plus, dont la mort, après la perte de ce qu'il aime, devient l'unique ressource. Hélas! je l'approche, cet instant, qui va me délivrer du jour que je déteste; mes seuls voeux maintenant sont de le voir arriver. Qui peut m'attacher à la vie dont tu faisais seule les délices? Je te perds; je perds mon existence, ma vie, je meurs, et de la mort la plus cruelle. (...)
Que fais-tu ? ... Que deviens-tu ?... Que suis-je à tes yeux ? D'horreur ? D'amour ?.. Dis ?... Comment me vois-tu ? (...) Ah, si tu m'aimes encore, si tu m'aimes comme tu m'as toujours aimé, comme je t'aime, comme je t'adore, comme je t'adorerai toute ma vie, plains nos malheurs. (...)
Aime-moi toujours; sois-moi fidèle, si tu ne veux me voir mourir de douleur. Adieu, mon bel enfant, je t'adore et je t'aime mille fois plus que ma vie. Va, tu as beau dire, mais je te jure que nous ne serons jamais l'un à l'autre".


Une lettre somptueuse dans laquelle s'entrechoquent la haine, la passion, la souffrance, la prière. Sade s'y déverse tel un torrent de lave incandescente.
Oui, mais voilà... Cette lettre fut-elle vraiment envoyée à Mlle de Lauris ? Sade la fit recopier plus tard par son secrétaire avec d'autres lettres galantes, chansons etc.,  et fit relier le tout dans le recueil intitulé : "Oeuvres de M. de Sade". Cette lettre n'était-elle finalement qu'un exercice de style pour Sade, lui, qui n'aimait rien tant que brouiller les pistes menant de la fiction à la réalité?


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Lundi 14 janvier 2008

 
Sur lesquelles s'est penché le marquis d'Argenson le 10 octobre de l'an 1740 ....


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  "Une  dame du palais m'a conté que la plus grande faute était à la reine si le roi avait pris une maîtresse.
Elle se conduisait en bégueule.

    Aussi personne au monde n'a-t-il moins d'esprit que la reine : elle n'a rien à elle (...), le torrent de l'exemple la gagne plus que personne. Elle a vu qu'en France il était de bon air de dédaigner son mari, elle a pris ce bon air.
Elle disait : " Eh quoi ! Toujours coucher, toujours grosse, toujours accoucher !"
En conséquence, elle faisait de longs jeûnes au roi, sous prétexte de sa santé, elle dédaignait enfin ce qu'elle 
regrette amèrement aujourd'hui.
Il faut savoir que la reine a peur des esprits et, quoique le roi fût couché avec elle, il fallait qu'elle eût auprès d'elle une femme qui lui tînt la main toujours pendant la nuit et qui lui fit des contes pour l'endormir. Et quand le roi voulait lui rendre son devoir conjugal, à peine la femme qui assistait la reine se retirait.
De plus, la reine ne dort presque pas, elle se relève cent fois dans la nuit, tantôt pour pisser, tantôt pour chercher sa chienne. De plus, elle met précisément des matelas sur elle, tant elle est frileuse de sorte que le roi étouffait et se levait tout en sueur sans avoir rien fait. Il se retirait dans sa chambre et dans son lit pour bien dormir, c'est ce qui lui a fait tant aimer les voyages de Rambouillet, il se soulageait tout seul de ses ardeurs luxurieuses, ce qui l'a conduit peu à peu à prendre une maîtresse à qui il se tient, quelque médiocre que soit sa beauté. Il l'aime vraiment et c'est beaucoup ".

René-Louis d'Argenson
Journal du règne de Louis XV - Tome III. 1739-1740




 
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Lundi 14 janvier 2008

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ou les folles tribulations en 1794 d'un grammairien-patriote qui, avec son grand projet philosophique, son "Trésor de la langue française",  se pique d'être le Lavoisier de la grammaire, le Condorcet du vocabulaire.
Cocasse, burlesque, tendre et tragique.



" Les mille mots du citoyen Morille Marmouset "

Frédéric Cathala
Albin Michel
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Ego...

J'aime Paris, Venise et le XVIIIème.
Tout ou presque tout m'intéresse dans ce siècle, 
"siècle du plaisir qui, loin de le traiter comme une vaine dissipation, s'y plonge avec délices et s'abandonne jusqu'au vertige à l'enchantement des sens ". 
En m'excusant auprès de ceux qui auraient un soupçon de connaissance sur les sujets effleurés et en espérant ne
pas donner la migraine à l'université...
 

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