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Lundi 6 août 2007
Caricature-LouisXVI.jpg" This engraving , likely produced before the king's flight from Paris, takes the Louis XVI of the Old Regime and makes him a revolutionary with the addition of the Phrygian cap. While the engraver's precise intention is unknown, contemporaries might have seen this as mocking Louis's new position in the Revolution. Others, less cynical, might have seen an attempt to create a monarch living with the constitution ".

 

Liberty, Equality, Fraternity
Exploring the French Revolution
Jack R. Censer and Lynn Hunt

 

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Lundi 6 août 2007
Trois-Ordres.jpg
Caricature des trois ordres
le tiers-état, le clergé, la noblesse
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Jeudi 2 août 2007

LettreLouisXVa.jpg
LettreLouisXVb.jpg

(Fac-similé)

Datée de Compiègne, le 31 juillet 1769, cette lettre de Louis XV, qui éclaire l’intimité des relations entre le roi et son petit-fils, Ferdinand de Bourbon, duc de Parme, est intéressante par le souffle de liberté et de gaieté qui l’anime, portée par ce style plaisant, dense et aérien si caractéristique du XVIIIe siècle.

«  Mon cher petit-fils, j’ay reçu à la fois jeudi der vos lettres du 15 et du 21 de ce mois. Je suis tres aise que vous aies été content des presents que j’ay envoié a votre épouse, mais bien plus encore de ce que vous etes si content d’elle. Vous aves donc goutté de grands plaisirs mon cher petit fils, il est naturel qu’elle n’y aie pas participé, car vous deves lui avoir fait grand mal en ne pouvant y entrer d’abord, mais avec le temps il n’en sera pas toujours de mesme, surtout si elle a du temperament, ce qui est rare aux femmes. Les quatre charges que vous aves faites, onts aussy etes a decharge de votre part. Cela ne vous etoit-il jamais arrivé, soit sans aide, soit avec de l’aide, ce qui est bien mauvais, en aiant beaucoup usé dans mon jeune temps dont je me repends beaucoup. Le portrait que vous me faites de Votre Archiduchesse augmente mes desirs de vous voir. Je ne sçait si on l’oublit a Vienne, mais ce qui est du sur c’est que je l’ay pas encore reçu, et c’est le seul des archiduchesses qui me manque j’en ay fait ecrire a Mr de Durfort.  Comme l’empereur est parti je ne puis vous charger de rien pour lui je lui ferai reponse a Vienne. Ne vous a-t-il point reparlé de l’esperance qu’il avait donné que nous le voirions l’année qui vient ou lors de son voiage aux Pais Bas. Je vous embrasse encore plus tendrement s’il est possible que par le passé mon tres cher petit fils.

Louis.

Vottre femme ne vous a-t-elle rien dit de l’archiduchesse Antoinette.

 
Faisant suite sans doute au récit circonstancié de sa nuit de noces par le jeune duc de Parme lui-même, Louis XV se réjouit dans cette lettre du comportement de son petit-fils dans des circonstances aussi délicates. Il le fait avec une grande liberté de ton, abordant sans vulgarité mais sans détour et avec satisfaction, la question des relations intimes du jeune couple. La connivence masculine n’exclut pas de la part de Louis XV certains égards pour la jeune femme ayant subi plutôt que goûté les assauts de son nouveau mari. Lesquels assauts seront fièrement dénombrés par le grand-père qui ne manque pas d’esprit et glisse, avec élégance, de grivois propos sous un vocabulaire conquérant, à propos des " charges " et " décharges " du jeune homme.
Il est à remarquer que l’archiduchesse Marie-Amélie se révèlera effectivement une femme de tempérament, car elle acquerra vite, à la cour de Parme et auprès des autres cours européennes, une réputation quelque peu scandaleuse, et sera accusée de dilapider les finances du duché tout en désorganisant le pays en se divertissant avec des amants, et de tenir sous influence un mari dont elle aura sept enfants.

La seconde partie de la lettre évoque des questions plus politiques, le rôle de son ambassadeur Durfort dans les alliances à venir, et une rencontre possible avec l’empereur reparti à Vienne.

 

 


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Mardi 31 juillet 2007

 

« Le comte de Tilly avait un esprit mordant qui lui faisait beaucoup d’ennemis. Lorsqu’il prenait quelqu’un à tic, il était d’une amertume extrême et disait des choses blessantes, s’embarrassant peu si ses pointes acérées ne pénétraient pas trop avant. Il fallait se garder de le provoquer car il était toujours sur la défensive et espadonnait à droite et à gauche. C’était un bel homme et de tournure élégante, d’une figure distinguée. Ainsi les femmes l’avaient gâté, et malgré beaucoup d’esprit et de tact, il ne pouvait éviter un air de fatuité et de distraction qui visait à l’impertinence. A cinquante ans, on lui en donnait à peine trente. Avec tous les moyens de plaire, il déplaisait  ».
La dame, Louise Fleury Fusil, actrice de son état, qui en parle avec autant de lucidité dans ses "Souvenirs d'une actrice", l’a bien connu.
Tilly, l’un des roués les plus en vue et les plus détestables. Personnage assez antipathique, imbu de lui-même, joueur invétéré, qui, reçu à Versailles et autorisé à participer au jeu de la reine, écrivit ses mémoires *, témoignage précieux sur le milieu des libertines et des "polissons" du 18eme.

Dans son livre, une galerie de portraits, subtils, pleins d’esprit, mais non dénués d’une certaine méchanceté, notamment  en ce qui  concerne les femmes. Et notamment envers celles qui décidèrent de mettre fin  à leur relation avec lui.  Tilly...  un mauvais perdant.
De toutes ses liaisons, celle dont il semble avoir retiré le plus d’amertume fut celle de Mme de Molé-Raymond, actrice et (très belle) épouse d’un acteur de la Comédie Française, qu’il dénigra et calomnia à grands traits, la traitant – entre autres-  de « Merteuil des coulisses ». Blessé dans sa vanité de mâle, ce grand séducteur ne semble s’être jamais remis  d’avoir été séduit puis "abandonné". Lassée par son insistance, elle lui déclara : " Croyez-moi, vous avez fait le mauvais choix ", il lui répondit :" On n’en fait presque que de mauvais, madame, parmi celles qui se laissent choisir "...

* Mémoires du Comte de Tilly
   Mercure de France

 

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Mercredi 25 juillet 2007
 
 

Derniere-lettre.gif
 Les derniers billets, les dernières lettres de condamnés à l’échafaud de l’An II, ultimes adieux d'êtres humains confrontés à l'imminence de la mort, voilà les documents  étonnants que nous livre Olivier Blanc dans son livre " La Dernière Lettre ".
Une centaine de lettres, écrites à la lueur de la veilleuse d'un cachot de la Conciergerie ou griffonnées à la hâte sur les genoux quelques heures avant de monter à l'échafaud ; leur écriture tremblée, quelquefois presque illisible, dément parfois la fermeté de ton ou la résignation qui émanent de ces ultimes adieux. Et quand leur main tremble trop, ces hommes ou ces femmes ont dicté ces lettres.
Bouleversantes, souvent pudiques, retenues, parfois distantes comme si le supplice imminent indifférait. Souvent dignes. Toujours " vraies ".  Aux portes de la mort, ces hommes et  ces femmes ne trichent pas. Quelle que soit leur classe sociale, qu'ils soient grands seigneurs ou petites gens, révolutionnaires ou royalistes, obscurs ou célèbres, ils sont tous égaux devant l’inéluctable. Une jeune prostituée, Catherine Halbourg,  interpella le duc du Châtelet, terrorisé de passer en jugement, en ces termes : « Apprenez, monsieur le duc, que ceux qui n’ont pas de nom en acquièrent un ici, et que ceux qui en ont un doivent savoir le porter ».
Dans ces billets de la dernière heure, ces " ultima verba " qui ne sont jamais parvenus à leurs destinataires car interceptés par l’administration judiciaire et l'Accusateur public, Fouquier-Tinville, peu de préoccupations politiques. En revanche, tous semblent avoir pour seul souci de laisser à leurs proches une image inaltérée, celle d'honnêtes gens ayant réglé leurs affaires d'ici-bas. Beaucoup, n'ayant pas eu le temps de mettre en ordre leur situation financière au moment de leur arrestation, font un rapport détaillé de leurs dettes ou de leurs créances;  la plupart recommandent leur âme à Dieu, sans sembler être réellement consolés par l’idée de la résurrection. Leur seul tourment, leur seule douleur : quitter ceux qu’ils chérissent, et ne pas sombrer dans l'oubli. Tous, ou presque tous, supplient leur famille de ne pas céder au désespoir : " Adieu pour jamais. Je suis pénétré du regret de te quitter, mais je supporterai mon sort avec fermeté jusqu'au dernier moment. Embrasse pour moi mes enfants et souviens-toi de leur père pour aimer sa mémoire sans être déraisonnablement affectée de sa mort " (Courtonnel, aubergiste normand) ; d'autres expriment  avec pudeur  leur souffrance de devoir renoncer à l’être aimé " Nous nous rejoindrons un jour : un peu plus tôt un peu plus tard, la faux du temps se promène sur toutes les têtes, elle nivelle tout " (Jean-Baptiste de Fontevieux), d’autres encore pardonnent à leur dénonciateur :
"C’est à l’article de la mort, citoyen, que je vous écris pour vous assurer que je n’emporte aucun ressentiment contre toi ou ni contre aucun de ceux qui m’ont, je crois  sans le vouloir, conduit où je suis... Je pardonne de tout mon cœur à ceux qui ont pu être mes ennemis " (Gueau de Reverseaux). Certains crient leur révolte " Mon linge est sale, mes bas sont pourris, ma culotte en pièces, je meurs de faim et d’ennui... Je ne vous écrirai plus, le monde est exécrable, adieu ! " (Millin de Labrosse), d’autres enfin, au paroxysme de la douleur, écrivent à Fouquier-Tinville, telle la jeune Avoye Paville dont l’amant royaliste vient d’être exécuté: " (....) Frappez, terminez une vie qui m’est odieuse et que je ne puis supporter son horreur (sic). Vive le Roi ! N’ayez pas l’air de croire que je sois folle, non, je ne le suis pas. Je pense tout ce que vous venez de lire et je le signe avec mon sang. Vous me trouverez à la maison de santé rue de Buffon, n°4 ". 
Par ces billets,  tragiques et sublimes, les morts ont triomphé de l’oubli.
 

 

La Dernière Lettre
Olivier Blanc
Pluriel.

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Dimanche 22 juillet 2007
Depuis deux siècles, tout a été dit ou presque sur Marie-Antoinette, les historiens  ferraillant par le passé entre deux thèses plombées de clichés, aux schémas très réducteurs : "reine martyre", vénérée sous la Restauration ou "reine scélérate", vouée aux gémonies par les républicains et les antimonarchistes, Thomas Jefferson prétendant même que, sans elle, la Révolution n'aurait pas eu lieu. Depuis, les points de vue ont évolué, et si le culte dont cette reine fut l'objet demeure encore aujourd'hui, des biographies sérieuses et dépouillées de tout aspect partisan ont vu le jour.
N'empêche. Quelques questions demeurent. Jusqu'au règne de Louis XVI, les favorites, et non les reines, occupaient le devant la scène et cristallisaient le mécontentement populaire.
Pourquoi la reine Marie-Antoinette changea-t-elle la donne ? En raison de sa personnalité, bien sûr, dont on sait tout ou presque tout, tant elle a été fouillée, disséquée mais sur laquelle on ne cesse de se pencher.
Marie Antoinette : une jeune femme ravissante et délicieuse mais totalement inapte au métier de souveraine, qui affaiblit  l'autorité du roi par son comportement irréfléchi et imprudent. Cette femme-enfant, cette " tête à vent "  (selon les propres termes de son frère, Joseph II), qui, comme le dit Jean-Christian Petitfils, " voulait à la fois la lumière et l'obscurité, les honneurs et l'isolement " devint Reine sur le tard, lorsqu'on lui retira la couronne.
Certains biographes penchent pour une lente évolution de sa personnalité et une prise de conscience de ses responsabilités, d'autres pensent que c'est la réalité à laquelle elle fut confrontée qui changea, non son caractère.
Mais, outre sa personnalité, n'y a-t-il pas tout de même d'autres facteurs qui ont contribué à la légende noire de Marie-Antoinette ?
N'est-ce pas finalement, entre autres, parce qu'elle était une Habsbourg ? Son mariage avec Louis XVI fut l'oeuvre de sa mère, redoutable et redoutée, Marie-Thérèse d'Autriche. Par cette union, elle cherchait à renforcer les avantages tirés du contrat passé avec la France pendant la guerre de 7 ans, contrat qui fut bien moins avantageux pour la France;  par ce mariage, elle entendait aussi que sa fille serve les intérêts de l'Autriche. Or, sur son lit de mort, Louis XIV avait recommandé à ses descendants de ne pas s'allier à la maison d'Autriche. Alors... qu'un roi de France, poussé par un ministre (Choiseul) se résigne, faute d'avoir trouvé un parti plus gratifiant, à épouser une archiduchesse autrichienne indigna non seulement la France mais aussi la Cour.
N'est-ce pas finalement aussi de la responsabilité de la Cour, qui lui fut très rapidement hostile ? De Versailles, qui lui tourna très vite le dos ?  Les vieilles filles dévotes de Louis XV, haïssant Choiseul, du fait qu'il avait bouté les jésuites hors de France, furent les premières à appeler Marie-Antoinette " L'Autrichienne".
Certes, par son dédain, la reine  blessa l'orgueil des plus grandes familles de France et s'aliéna les grands noms, soutiens indispensables du trône. Mais il semble bien que ce soit de Versailles et non de Paris que partirent les accusations les plus ignominieuses. Après tout, ces ragots, qui se déversaient dans les rues de Paris, ne se fondaient-ils pas sur des faits que seuls les courtisans (et les frères du roi) pouvaient connaître...  ?
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Ego...

J'aime Paris, Venise et le XVIIIème.
Tout ou presque tout m'intéresse dans ce siècle, 
"siècle du plaisir qui, loin de le traiter comme une vaine dissipation, s'y plonge avec délices et s'abandonne jusqu'au vertige à l'enchantement des sens ". 
En m'excusant auprès de ceux qui auraient un soupçon de connaissance sur les sujets effleurés et en espérant ne
pas donner la migraine à l'université...
 

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