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Jeudi 3 janvier 2008


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Comment un pavillon de chasse cerné de marécages est devenu la plus somptueuse des résidences royales d'Europe..
Telle est l'histoire de ce documentaire fiction
qui raconte les enjeux artistiques et politiques de la construction du château de Versailles.


jeudi 3 janvier à 20h50 sur France 2.
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Samedi 22 décembre 2007
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" Fragonard représente tout ce qui les (1) met en fureur : baigneuses enchantées, hasards heureux de l'escarpolette, dix-huitième dans toute sa gratuité. Le dix-huitième, voilà l'ennemi du clergé coincé doloriste. Ce dernier hait de toutes ses forces (....) le bleu d'air profond, le bleu-repos, le bleu joui. Mensonges, illusions, pense ainsi le dévot social, mensonges que ces buissons, ces fêtes, ces déjeuners sur l'herbe, ces escarpolettes du diable ! Cachez-nous  ces cuisses et ces seins que nous ne saurions voir ! (...)
J'ai dormi une nuit dans la maison de Fragonard à Grasse. Bizarre entrée : des symboles révolutionnaires et maçonniques peints sur les murs alors que, dans les étages, on s'envole vers des paradis naturels. Prudent Fragonard: si la police ensembliste de son temps entrait chez lui, elle ne pouvait que constater la religion nationale de l'habitant du lieu. Nouveau régime vertueux en bas, Ancien Régime plus nouveau et sensuel que jamais dans les chambres."


(1) - " les sociomanes, les sociolâtres, les religieuses déguisées en dévotes philosophiques ".

Sollers aime le XVIIIème. Il aime aussi Venise, Casanova, Bach, Mozart et Vivaldi.
J'aime donc Sollers. Pour cela. Et seulement pour cela ...


Extrait tiré de
" Un vrai Roman "

Mémoires
Philippe sollers
(Plon)


, mensonges que ces buissonsnti_bug_fck
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Jeudi 13 décembre 2007

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" J'avais une extrême envie de connaître M. de Buffon ".

En octobre 1785, Marie Jean Hérault de Séchelles, alors âgé de 28 ans, semblait béni des dieux : introduit à la Cour par sa cousine, la duchesse de Polignac, nommé par Marie-Antoinette avocat général au Parlement. Rien ne lui manquait, ni la fortune, ni la beauté, ni l'intelligence.
Pourquoi ce jeune aristocrate, acquis aux idées nouvelles (qui pourtant devaient l'amener à sa perte, comme nombre de ses semblables), souhaita-t-il rencontrer Buffon, alors âgé de 78 ans qui vivait en partie retiré sur ses terres bourguignonnes, dans la ville de Montbard ?

Pourquoi éprouva-t-il aussi ce besoin de le "raconter" par le menu, dans son quotidien, dans son intimité, dans son génie comme dans ses petites turpitudes... ?
La réponse nous est donnée dans l'excellente préface de ce petit opuscule paru aux éditions le Promeneur. 
" Parce que, alors que la France vit les dernières années de l'Ancien Régime, que les courtisans de Versailles savourent les derniers instants de cette " douceur de vivre" dont Talleyrand se souviendra avec nostalgie, beaucoup ont le sentiment de se trouver à la fin d'une époque.
Alors que les grands esprits qui ont fait la gloire des Lumières ont presque tous disparu - Voltaire et Rousseau sont morts en 1778, Montesquieu n'est plus depuis trente ans, et Diderot vient juste de s'éteindre -, seul vit encore Buffon, que les contemporains de l'époque s'accordent à considérer comme l'un des plus grands esprits de son siècle et que la vigueur athlétique, qui faisait déjà l'admiration de Voltaire, a porté jusqu'à la veille de la Révolution. Cet homme de 78 ans représente une sorte de monument vivant des Lumières finissantes. "


 Hérault de Séchelles
Voyage à Montbard
Le Promeneur

 

publié dans : Révolution
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Samedi 8 décembre 2007
duboiscardinal.jpg
Saint-Simon, à l'évidence,  ne l'aimait pas.  
 C'était, dit-il, " un petit homme maigre, effilé, chafouin, à perruque blonde, à mine de fouine... Tous les vices combattaient en lui, à qui en demeurerait le maître ... L'avarice, la débauche, l'ambition étaient ses dieux; la perfidie, la flatterie, les servages, ses moyens; l'impiété parfaite, son repos ...
Il excellait en basses intrigues, il en vivait, il ne pouvait s'en passer, mais toujours avec un but où toutes ses démarches tendaient, avec une patience qui n'avait de terme que le succès...Il avait assez d'esprit, assez de lettres, d'histoire et de lecture, force envie de plaire et de s'insinuer, mais tout cela gâté par une fumée de fausseté qui sortait mlagré lui de tous ses pores..."
Puis, Saint-Simon ajoute: ".. il méprisa publiquement son maître et l'Etat, le monde et les affaires pour les sacrifier à son crédit, à sa puissance, à son autorité absolue, à sa grandeur, à son avarice, à ses frayeurs, à ses vengeances."


publié dans : Régence
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Vendredi 7 décembre 2007

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Etrange cardinal Dubois.
Surnommé à la cour du Régent " l'abbé friponneau ", tant ses moeurs étaient déplorables. Amant officiel de Mme de Tencin. Vilipendé par Saint-Simon.
Fils d'un apothicaire de Brive la Gaillarde, Guillaume Dubois décida, à l'âge de 16 ans, de faire fortune à Paris.  Et la Régence, en peu d'années, devait pleinement satisfaire ses ambitions (démesurées, disent certains).
Ambassadeur du Régent, il parvint à nouer avec l'Angleterre et la Hollande une alliance qui allait " changer pour trente années la face politique de l'Europe ". Pour la première fois dans l'histoire, la France catholique et monarchique s'allia avec l'Angleterre protestante et parlementaire. Ce succès valut à Dubois d'entrer au conseil des Affaires étrangères, "de  s'y glisser, dit Saint-Simon,  comme ces plantes qui s'introduisent dans les murailles, et qui, enfin, les renversent "....
Bien que Philippe d'Orléans lui ait déjà accordé sa nomination à sept abbayes  qui comportaient des revenus considérables, l'archevêché de Cambrai étant vaquant (et estimé à 150.000 livres de rente), Dubois le demanda et l'obtint en 1720. Cependant, avant d'être nommé archevêque, l'abbé Dubois devait "prendre les ordres" : c'est à dire recevoir les ordres mineurs, le sous-diaconat, le diaconat et la prêtrise. Ce qui fut fait en quelques jours... Il apprit aussi à dire la messe, tant bien que mal.
Mais Dubois, archevêque, ministre et secrétaire d'Etat, n'était toujours pas satisfait. Depuis son arrivée à Paris, il avait une sorte d'idée fixe : il voulait le chapeau de cardinal.
Et il l'obtint en 1721, non sans mal, c'est un fait.
En 1723, atteint d'un abcès à la vessie et après avoir, de guerre lasse, accepté de se laisser mutiler par le chirurgien du Régent, La Peyronie, il mourut dans des conditions atroces...

Le cardinal Dubois, dont certains disent qu'il fut l'âme damnée du Régent, qui était-il finalement. Un ambitieux cupide, aux manières tantôt sournoises tantôt insolentes ou un homme qui, malgré son imposante fortune, n'aimait pas l'argent pour lui-même et dont la liberté d'esprit de s'embarrassait pas de préjugés ?
Il fut tout cela. Sûrement. Mais " l'abbé Friponneau " fut aussi un travailleur acharné, qui, abhorrant la guerre, fit oeuvre de paix et qui " laissa dans la diplomatie française une direction dont les traces ont reparu au XIXè siècle "  (Maurice Soulié).

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Jeudi 6 décembre 2007
putti.jpgEn fin observateur, l'allemand Joachim Christophe Nemeitz le nota dans ses carnets de voyage :  ce qui frappait le plus les étrangers à Paris, c'était cette foultitude d'abbés que l'on y rencontrait. En habits noirs ou violets, petits rabats ou collets sous le menton.
Nemeitz les répartissait en plusieurs catégories :
- Ceux qui possédaient abbayes, prieurés ou autres bénéfices ecclésiastiques. Généralement âgés, c'étaient des personnages considérables.
- Ceux qui, au service de gens de qualité ou de bourgeois aisés, oeuvraient en tant que précepteurs de leurs enfants. Ils étaient jeunes, pouvaient encore quitter la soutane car pas encore tonsurés.
- Ceux qui jouissaient de bénéfices ecclésiastiques sans avoir reçu la tonsure et sans avoir fait voeu de chasteté. Vêtus généralement d'habits violets, ils pouvaient quitter librement l'Eglise.
- Ceux qui vivaient fort chichement de quelque fonction : enterrements, processions, etc.
- Et ceux qui... sans appartenir à l'Eglise, portaient l'habit noir et le petit collet "par vanité ", dit Nemeitz, qui ajoute : "Un habit noir coûte bon marché et le petit collet fait illusion ".

Les abbés les plus recherchés ? Ceux de la première catégorie. On s'en serait douté. Les plus agréables, ceux de la deuxième catégorie : jeunes, spirituels, courtois et discrets, mais, qui, nous dit Nemeitz, ont un seul défaut: "Ils aiment trop le cotillon ". En d'autres termes, ils délaissaient leurs études pour hanter ruelles et lieux mal famés, cabarets et tripots, faire grand tapage à l'Opéra et singer leurs petits-maîtres (si recherchés dans le ton et la parure), parlaient avec affectation, étudiaient leurs démarches, se couvraient de rubans et.... même se collaient des mouches sur le visage.
Diable, diable...

Ah, quel joli temps, ce temps de la Régence, " où l'on fit tout, excepté pénitence "....

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Ego...

J'aime Paris, Venise et le XVIIIème.
Tout ou presque tout m'intéresse dans ce siècle, 
"siècle du plaisir qui, loin de le traiter comme une vaine dissipation, s'y plonge avec délices et s'abandonne jusqu'au vertige à l'enchantement des sens ". 
En m'excusant auprès de ceux qui auraient un soupçon de connaissance sur les sujets effleurés et en espérant ne
pas donner la migraine à l'université...
 

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