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Jeudi 6 décembre 2007
putti.jpgEn fin observateur, l'allemand Joachim Christophe Nemeitz le nota dans ses carnets de voyage :  ce qui frappait le plus les étrangers à Paris, c'était cette foultitude d'abbés que l'on y rencontrait. En habits noirs ou violets, petits rabats ou collets sous le menton.
Nemeitz les répartissait en plusieurs catégories :
- Ceux qui possédaient abbayes, prieurés ou autres bénéfices ecclésiastiques. Généralement âgés, c'étaient des personnages considérables.
- Ceux qui, au service de gens de qualité ou de bourgeois aisés, oeuvraient en tant que précepteurs de leurs enfants. Ils étaient jeunes, pouvaient encore quitter la soutane car pas encore tonsurés.
- Ceux qui jouissaient de bénéfices ecclésiastiques sans avoir reçu la tonsure et sans avoir fait voeu de chasteté. Vêtus généralement d'habits violets, ils pouvaient quitter librement l'Eglise.
- Ceux qui vivaient fort chichement de quelque fonction : enterrements, processions, etc.
- Et ceux qui... sans appartenir à l'Eglise, portaient l'habit noir et le petit collet "par vanité ", dit Nemeitz, qui ajoute : "Un habit noir coûte bon marché et le petit collet fait illusion ".

Les abbés les plus recherchés ? Ceux de la première catégorie. On s'en serait douté. Les plus agréables, ceux de la deuxième catégorie : jeunes, spirituels, courtois et discrets, mais, qui, nous dit Nemeitz, ont un seul défaut: "Ils aiment trop le cotillon ". En d'autres termes, ils délaissaient leurs études pour hanter ruelles et lieux mal famés, cabarets et tripots, faire grand tapage à l'Opéra et singer leurs petits-maîtres (si recherchés dans le ton et la parure), parlaient avec affectation, étudiaient leurs démarches, se couvraient de rubans et.... même se collaient des mouches sur le visage.
Diable, diable...

Ah, quel joli temps, ce temps de la Régence, " où l'on fit tout, excepté pénitence "....

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Mercredi 5 décembre 2007

PhilippeOrleans.jpg


Philippe d' Orléans eut - bien sûr - des bâtards. Plusieurs. Il fit de l'un d'entre eux un abbé.
Cet abbé "malgré lui", le Chevalier de Saint-Albin, issu des amours éphémères du Régent avec une demoiselle Florence, de l'Opéra, se tenait fort mal. "Il aime trop les femmes ", disait la Palatine (sa grand-mère). 
La conduite de ce jeune abbé,  promis à de hautes fonctions ecclésiastiques (il devait être sacré évêque de Laon puis nommé à l'archevêché de Cambrai) émut si fort M. Languet, l'évêque de Soissons, qu'il s'en plaignit au Régent.
Ce dernier fit venir son fils, le tança devant cet évêque: "Il ne convient pas à un petit abbé comme vous de mener une existence semblable à celle des grands prélats". Puis, s'interrompant un court instant, il ajouta en souriant : " Attendez au moins d'être évêque pour avoir une conduite aussi mauvaise que la leur"


La Vie Quotidienne sous la Régence
Charles Kunstler
Hachette
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Mercredi 5 décembre 2007


benjamin-franklin-a.jpg

" Le musée Carnavalet explore le séjour de Benjamin Franklin à Paris de 1776 à 1785, son influence à la fois politique et scientifique, ainsi que l’exceptionnelle popularité de ce premier citoyen des deux mondes ".

 


Du 5 décembre 2007 au 9 mars 2008.
Musée Carnavalet


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Lundi 3 décembre 2007

Le Centre de musique baroque de Versailles (CMBV), dédié à la valorisation du patrimoine musical français des XVIIe et XVIIIe siècles, a fêté son 20e anniversaire avec faste en septembre 2007.
Jusqu'à mi-octobre, les "Grandes journées anniversaire" du CMBV ont proposé 106 concerts sur quatre week-ends consacrés aux rois Louis XIII, Louis XIV, Louis XV et Louis XVI.
Au total, 37 orchestres et ensembles, six choeurs et quatre compagnies de danse interprètèrent une cinquantaine de programmes, avec environ un tiers des oeuvres données en recréation.
La vitalité du mouvement baroque fut illustrée par les emblématiques William Christie, Gustav Leonhardt, Jean-Claude Malgoire et Jordi Savall, leurs héritiers Emmanuelle Haïm, Hervé Niquet, Hugo Reyne et Christophe Rousset ou les plus jeunes Vincent Dumestre et Jérémie Rohrer.
 
"Les plaisirs de Versailles sous le règne de Louis XIV", furent marqués par la redécouverte de la version originale du "Miserere" de Charpentier. Puis le CMBV ranima "Les derniers feux de Versailles sous le règne de Louis XVI", avec "Un dimanche à Trianon", au son de musiques de Grétry, Gluck, Sacchini... et "Versailles en dentelles au temps de Louis XV" fit revivre l'opéra "Egine" de Colin de Blamont.

En parallèle de ces concerts, sans compter une soixantaine de conférences, une exposition célèbra "La musique à Versailles", titre également d'un livre d'Olivier Baumont paru chez Actes Sud, et un colloque, "Le prince et la musique", analysa les passions musicales du Roi Soleil.

Et enfin, un coffret d'une vingtaine de CD fête 200 ans de musique à la cour de France, (sous le label Musiques du baroque français MBF).

Eblouissant....
A voir, à écouter sur :


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Lundi 26 novembre 2007
santerre-a.jpg
Le Régent, Philippe duc d'Orléans et sa maitresse, madame de Parabère
Jean-Baptiste Santerre (1651-1717)


" Il a une sultane-reine, Mme de Parabère. Elle est grande, bien faite, a le visage brun et ne se farde pas, une jolie bouche et de beaux yeux. Peu d'esprit, mais c'est un beau morceau de chair fraîche " écrivait la mère du Régent, la princesse Palatine.
Pour ce beau morceau de chair fraiche, Philippe d'Orléans avait délaissé la comtesse de Sabran, dont Saint-Simon vante la beauté régulière et touchante, le grand air et l'esprit et dont il dit qu'elle était "charmante surtout à table ".
Quand le Régent se querellait avec la Parabère, Mme de Sabran revenait à la charge, s'offait en sacrifice ou proposait quelquefois une remplaçante, notamment l'une de ses parentes, la duchesse de Falari, qui ne manquant ni de beauté, ni d'esprit ni de gaieté, avait trois marquis à ses pieds. "Falarira dondé, Falarira dondaine, trois petits couteaux dans une gaine ..." chantait-on. Le Régent ne pouvait ignorer qu'il avait des prédécesseurs..
Un jour que la Sabran avait l'oreille collée à la porte, elle entendit le duc d'Orléans tenir des propos désobligeants pour elle. Furieuse, elle rentra dans la pièce, adressa des reproches au Régent et à la duchesse de Falari.
Ce dernier la fit taire : " Tout ce que je dis de toi est vrai. Et il y en a encore cent fois davantage, que je dirai si tu veux retourner écouter à la porte ".
Certes, Madame de Parabère n'avait pas l'esprit de la Sabran, mais ses colères étaient plus mesurées et la Palatine, elle-même, ne craignait pas de dire que les affaires allaient mieux quand son fils était d'accord avec la sultane-reine qu'elle avait aimablement surnommée "le Corbeau Brun".

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Mercredi 21 novembre 2007
madame-Lucifer.jpgMarie-Françoise de Bourbon, dite Mlle de Blois, fille légitimée de Louis XIV et de Mme de Montespan, était grande, majestueuse, en dépit d'un déhanchement disgracieux. Elle avait le teint frais, une gorge bien faite, des cheveux châtains, des sourcils rares, des dents un peu longues et des joues pendantes, qui faisaient dire à Madame (la princesse Palatine), sa belle-mère :
"
Le visage de ma bru ressemble comme
deux gouttes d'eau à un derrière, sauf votre respect".
Elles inspirèrent même cette chanson à sa propre soeur, la duchesse de Bourbon :
" Belle princesse !
Où les autres ont le nez
Pourquoi mettez-vous les fesses ?
Belle princesse ! "


Spirituelle et un tantinet cynique, Marie-Françoise déclara peu avant son mariage avec Philippe d'Orléans : " Peu importe qu'il m'aime, pourvu qu'il m'épouse".
Sujette à de fréquents accès de colère ou de mauvaise humeur qui se terminaient souvent par des migraines (vraies ou simulées), d'un orgueil démesuré, la Régente que son mari surnomma " Madame Lucifer" répugnait à se souvenir qu'elle était la fille de Mme de Montespan. "Elle était née de Louis XIV, et voilà tout, comme Minerve de Jupiter".
Selon Saint- Simon, elle était "petite-fille de France jusque sur sa chaise percée".  
Sa vie n'étant qu'une longue paresse, Marie-Françoise vivait d'ordinaire dans sa chambre, allongée sur son canapé : " Elle s'est fait faire un canapé sur lequel elle reste couchée quand elle joue au lansquenet.. Elle joue couchée, elle mange couchée, presque toute sa vie se passe couchée " écrivait la Palatine.
Philippe d'Orléans, qui fut toujours envers elle d'une politesse exquise, très "régence", lui rendait visite chaque jour. Si depuis son canapé blanc et or, elle fronçait les sourcils (ce qui arrivait fréquemment), il s'inclinait et se retirait de ses appartements. Lorsque l'humeur de "Madame Lucifer" connaissait une embellie, Philippe restait auprès d'elle et se permettait de légères taquineries sur ses défauts, taquineries auxquelles elle ripostait gaiement. 
Manquant de tempérament (selon Saint-Simon), la duchesse d'Orléans ne sembla guère tourmentée par l'existence fort mouvementée de son époux, lequel  " lui fit, par acquit de conscience sans doute, huit enfants dont il n'eut pas toujours à se louer, mais tout cela, ce sont des gestes sans importance pour un homme aussi occupé que Philippe d'Orléans " (Jean Hervez).

 


" La Vie quotidienne sous la Régence"
- Charles Kunstler
" Le Régent, ses filles, ses maîtresses " d'après Saint-Simon - Albin Michel (1928)
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Ego...

J'aime Paris, Venise et le XVIIIème.
Tout ou presque tout m'intéresse dans ce siècle, 
"siècle du plaisir qui, loin de le traiter comme une vaine dissipation, s'y plonge avec délices et s'abandonne jusqu'au vertige à l'enchantement des sens ". 
En m'excusant auprès de ceux qui auraient un soupçon de connaissance sur les sujets effleurés et en espérant ne
pas donner la migraine à l'université...
 

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