Flâneries au fil des images

Derniers Commentaires

Flux RSS

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0

Petit Plus

Add to Google
Samedi 19 janvier 2008

undefinedTandis que son père, après avoir fait le décompte des filles nobles à marier, fixe enfin son choix sur Renée-Pélagie de Montreuil, parti loin d'être négligeable quoique de petite noblesse, Donatien Alphonse François de Sade tombe éperdument amoureux d'une charmante personne, Laure-Victoire Adeline de Lauris. Elle a 22 ans, de jolis yeux et appartient à la plus vieille noblesse de Provence.
Très épris, il lui demande dès le début de leur liaison de l'épouser. La belle tergiverse. Il lui adjure de le rejoindre à Paris, elle refuse. Il s'impatiente, tempête, se désespère. Rien n'y fait. Mlle de Lauris décide finalement de rompre, plongeant Donatien dans le plus grand désarroi.  


Extraits de la lettre qu'il lui écrivit le 6 avril 1768 :


"
Parjure ! Ingrate ! Que sont devenus ces sentiments de m'aimer toute ta vie ? Qui t'oblige à l'inconstance ? Qui t'oblige à rompre de toi-même les noeuds qui pour jamais allaient nous unir ? (...)
Fourbe! Ingrate ! Tu craignais d'être réunie à quelqu'un qui t'adorait. Ces liens d'une chaîne éternelle te devenaient à charge, et ton coeur, que l'inconstance et la légéreté savent seuls séduire, n'était pas assez délicat pour en sentir tous les charmes. C'est de quitter Paris qui t'effrayait; mon amour ne te suffisait pas; je n'étais pas fait pour le fixer. Va, ne le quitte jamais, monstre, né pour le malheur de ma vie ! (...)
Mais que dis-je ? Ah, ma chère amie ! Ah, ma divine amie ! Seul soutien de mon coeur, seul délice de ma vie, mon cher amour, où m'emporte mon désespoir ? Pardonne aux expressions d'un malheureux qui ne se connaît plus, dont la mort, après la perte de ce qu'il aime, devient l'unique ressource. Hélas! je l'approche, cet instant, qui va me délivrer du jour que je déteste; mes seuls voeux maintenant sont de le voir arriver. Qui peut m'attacher à la vie dont tu faisais seule les délices? Je te perds; je perds mon existence, ma vie, je meurs, et de la mort la plus cruelle. (...)
Que fais-tu ? ... Que deviens-tu ?... Que suis-je à tes yeux ? D'horreur ? D'amour ?.. Dis ?... Comment me vois-tu ? (...) Ah, si tu m'aimes encore, si tu m'aimes comme tu m'as toujours aimé, comme je t'aime, comme je t'adore, comme je t'adorerai toute ma vie, plains nos malheurs. (...)
Aime-moi toujours; sois-moi fidèle, si tu ne veux me voir mourir de douleur. Adieu, mon bel enfant, je t'adore et je t'aime mille fois plus que ma vie. Va, tu as beau dire, mais je te jure que nous ne serons jamais l'un à l'autre".


Une lettre somptueuse dans laquelle s'entrechoquent la haine, la passion, la souffrance, la prière. Sade s'y déverse tel un torrent de lave incandescente.
Oui, mais voilà... Cette lettre fut-elle vraiment envoyée à Mlle de Lauris ? Sade la fit recopier plus tard par son secrétaire avec d'autres lettres galantes, chansons etc.,  et fit relier le tout dans le recueil intitulé : "Oeuvres de M. de Sade". Cette lettre n'était-elle finalement qu'un exercice de style pour Sade, lui, qui n'aimait rien tant que brouiller les pistes menant de la fiction à la réalité?


publié dans : Portraits
recommander communauté : Histoire commentaires (0)   
Lundi 14 janvier 2008

 
Sur lesquelles s'est penché le marquis d'Argenson le 10 octobre de l'an 1740 ....


undefined

  "Une  dame du palais m'a conté que la plus grande faute était à la reine si le roi avait pris une maîtresse.
Elle se conduisait en bégueule.

    Aussi personne au monde n'a-t-il moins d'esprit que la reine : elle n'a rien à elle (...), le torrent de l'exemple la gagne plus que personne. Elle a vu qu'en France il était de bon air de dédaigner son mari, elle a pris ce bon air.
Elle disait : " Eh quoi ! Toujours coucher, toujours grosse, toujours accoucher !"
En conséquence, elle faisait de longs jeûnes au roi, sous prétexte de sa santé, elle dédaignait enfin ce qu'elle 
regrette amèrement aujourd'hui.
Il faut savoir que la reine a peur des esprits et, quoique le roi fût couché avec elle, il fallait qu'elle eût auprès d'elle une femme qui lui tînt la main toujours pendant la nuit et qui lui fit des contes pour l'endormir. Et quand le roi voulait lui rendre son devoir conjugal, à peine la femme qui assistait la reine se retirait.
De plus, la reine ne dort presque pas, elle se relève cent fois dans la nuit, tantôt pour pisser, tantôt pour chercher sa chienne. De plus, elle met précisément des matelas sur elle, tant elle est frileuse de sorte que le roi étouffait et se levait tout en sueur sans avoir rien fait. Il se retirait dans sa chambre et dans son lit pour bien dormir, c'est ce qui lui a fait tant aimer les voyages de Rambouillet, il se soulageait tout seul de ses ardeurs luxurieuses, ce qui l'a conduit peu à peu à prendre une maîtresse à qui il se tient, quelque médiocre que soit sa beauté. Il l'aime vraiment et c'est beaucoup ".

René-Louis d'Argenson
Journal du règne de Louis XV - Tome III. 1739-1740




 
publié dans : Portraits
recommander communauté : Histoire commentaires (0)   
Samedi 5 janvier 2008
 

undefinedPortrait de Sade
par Charles Van Loo (vers 1760-1762)

 

Il signait De Sade.
La postérité ne garda que son titre de marquis et le réduisit à une seule syllabe, brève, énigmatique, inquiétante : Sade.

Jeune homme contre lequel sa famille réclama une lettre de cachet, aristocrate qui fut puni pour l'exemple, le seigneur de Lacoste trouva, avant tout le monde, les mots pour exprimer ses pulsions et ses rêveries.
Il transforma sa révolte en une dénonciation philosophique et en une invention romanesque. Il voulait être reconnu comme un homme de lettres, i
l ne fut longtemps qu'un cas pour les juristes et pour les psychiatres. 
La trace de sa sépulture fut effacée, son nom gommé de l'arbre généalogique familial, ses manuscrits détruits, ses livres traqués.

" Les vies de Sade "
Michel Delon
textuel

 

Dans cet album divisé en deux tomes, Michel Delon présente "Sade dans son temps", une biographie richement illustrée de l'auteur de Justine et des Cent Vingt Journées de Sodome, puis "Sade au travail", un aperçu du travail sadien, ses manuscrits et deux cahiers de prison reproduits en fac-similé, transcrits et commentés.

publié dans : Portraits
recommander communauté : Histoire commentaires (0)   
Samedi 10 novembre 2007

Coigny.jpg




Ligne adorait les gens d'esprit et particulièrement Madame de Coigny dont il était fort épris. Il écrivit souvent des lettres charmantes à celle qu'il appelait "son adorée".





A la marquise de Coigny - Kiew, mai 1787

"Savez-vous pourquoi, madame la marquise, je vous regrette ? C'est que vous n'êtes pas une femme comme une autre, et que je ne suis pas un homme comme un autre: car je vous apprécie mieux que vos entoureurs.
Et savez-vous pourquoi vous n'êtes pas une femme comme une autre? C'est que vous êtes bonne, quoique bien des gens ne le croient pas. C'est que vous êtes simple, quoique vous fassiez toujours de l'esprit, c'est-à-dire que vous le trouvez tout fait. C'est votre langue. On ne peut pas dire que l'esprit est dans vous, mais vous êtes dans l'esprit. Vous ne courez pas après l'épigramme; c'est elle qui vient vous chercher.

Au lieu d'être une maréchale du Luxembourg dans votre jeunesse, ce qui vous aurait plus amusée, avec plus d'indulgence, vous en serez une dans cinquante ans, une madame du Deffand pour le piquant, une madame Geoffrin pour les définitions et une maréchale de Mirepoix pour le goût. A vingt ans vous possédez le résultat des trois siècles qui composent l'âge de de ces dames. Vous avez la grâce des élégantes, sans en avoir pris l'état. Vous êtes supérieure, sans alarmer personne que les sots.
(...) Vous êtes la plus aimable femme et le plus joli garçon, et enfin ce que je regrette le plus".
(...) Ah ! mon dieu ! Ce que c'est de nous ! Je m'effraye de devoir vous écrire peut-être :

 Mais à revoir Paris je ne dois pas prétendre;
Dans la nuit du tombeau je suis prêt à descendre.

Cette idée m'afflige, car je veux vous revoir. Vous me tenez bien plus à coeur que tout Paris ensemble".

Par ses attaches à la famille de Rohan, Louise-Marthe de Conflans, marquise de Coigny, jouissait de toutes les faveurs de la cour. Après l'affaire du collier, la famille Rohan se retira de la cour et la marquise de Coigny devint frondeuse et embrassa le parti du Palais Royal. Elle forma une petite cour et parmi ses fervents admirateurs, on comptait le prince de Ligne et Lauzun. Pendant la révolution, la marquise émigra en Angleterre. Puis elle se rallia à l'empire. Dans ses entretiens fréquents avec l'empereur, celui-ci ne manquait jamais de lui dire : " Comment va la langue? ", car madame de Coigny passait à juste titre pour être l'une des femmes les plus spirituelles de son temps. Elle mourut du choléra en 1832.
publié dans : Portraits
recommander communauté : Histoire commentaires (0)   
Samedi 10 novembre 2007

princeLigne.jpg* le prince de Ligne
comme capitaine des Trabans Impériaux *


"Je n'écrirais pas tout cela si l'on devait me lire à présent, mais, cent ans après, ces petites choses qui ont l'air d'être des riens font plaisir "

" Mon père ne m'aimait pas, je ne sais pourquoi: car nous ne nous connaissions point. Ce n'était pas alors la mode d'être bon père, ni bon mari.
Ma mère avait grand'peur de lui. Elle accoucha de moi en grand vertugadin, et elle mourut de même quelques semaines après, tant il aimait les cérémonies et l'air de dignité ".

****

" J'avais aimé deux fois, j'avais cru en aimer quatre; j'avais été aimé cinq ou six; et ne voulant plus cultiver que des goûts légers et frivoles de société, de liaison, de jardin et de littérature, je laissais promener mes yeux, mes désirs et mes actions, plutôt que mon coeur ".   

                    ****                  

 

" Louis XV étant prêt de mourir, les courtisans de madame du Barry l'abandonnaient suivant l'usage; et moi, qui l'avais négligée pendant cinq ou six ans, je ne la quittais plus.
Je dis à son beau-frère, le roué du Barry *: " La farce est jouée ; vous pouvez partir ".
Il me répondit avec son drôle d'accent de la province : " Et pourquoi m'en aller ? Si l'on me fâche, je mettrai le royaume en république ".

Cela avait l'air d'une gasconnade impossible, et le hasard l'a réalisée par des gens coquins mais moins spirituels que lui ".

*Comte Guillaume du Barry, beau-frère de la favorite, appelé généralement "le grand du Barry".


"Mémoires et Lettres du prince de Ligne"
Paris - Les Editions G.Crès & Cie
MCMXXIII

publié dans : Portraits ajouter un commentaire
recommander communauté : Histoire commentaires (0)   
Dimanche 28 octobre 2007

dalembert.jpg

Petit, chétif, souffrant de son aspect physique, d'Alembert ne s'aimait guère.
Si de puissants personnages recherchaient sa compagnie et son amitié, d'Alembert, lui, ne les prisait pas. L'archevêque de Paris n'était à ses yeux "qu'un imbécile constitué en dignité ", et à l'exception de son ami, le marquis d'Argenson, il vouait le plus profond mépris aux "grands", ulcéré par leur bienveillance pleine de morgue envers les gens de lettres : " Les grands ne voient dans le nom d'hommes de lettres qu'un titre subalterne " aimait-il à dire, ajoutant ironiquement : " la naissance étant un avantage que le hasard donne, il est naturel d'en jouir  ". Enfant illégitime, abandonné par sa mère, madame de Tencin, il ne pardonna pas au milieu dont il était issu.
Ses liens avec Julie de Lespinasse sont connus.
L'aima-t-il ? A l'évidence. Eurent-ils une liaison intime ? Rien n'est moins sûr, même s'ils partagèrent pendant 16 ans le même appartement. Julie, du reste, aimait "ailleurs". Passionnément.
Leurs liens étaient vraisemblablement autres: " Tout, tout jusqu'à notre sort commun, semblait fait pour nous réunir. Tous deux sans parents, sans famille, et  ayant éprouvé dès le moment de notre naissance, l'abandon, le malheur et l'injustice, la nature semblait nous avoir mis au monde pour nous chercher, pour nous tenir l'un à l'autre lieu de tout, pour nous servir d'appui mutuel, comme deux roseaux qui, battus par la tempête, se soutiennent en s'attachant l'un à l'autre " écrivit-il en 1776 à la mort de son amie.
Une disparition qui le plongea dans le plus grand désespoir. Ne croyant pas en Dieu et ne pouvant se résigner à l'idée d'une séparation éternelle, il lui adressa ces quelques mots,  sorte de prière : " Jouissez sans moi de ce repos que mon amour et mes soins n'ont pu vous procurer. Adieu, adieu pour jamais ".

Adepte du matérialisme et du déterminisme, il ne croit pas au libre arbitre : "La notion de vérité, écrit-il, ne peut être qu'une vérité de conscience". Se croire libre alors qu'on ne l'est pas... côté sombre de d'Alembert. Il défendit Rousseau brocardé par Voltaire : "Souvenez-vous, écrivit-il à ce dernier, que si Rousseau est persécuté, c'est pour avoir jeté des pierres et d'assez bonnes pierres à cette infâme (ndlr : la religion) que vous voudriez voir écraser, et qui fait le refrain de toutes vos lettres ".
Fragile et vulnérable, à la fois sociable et misanthrope, les périodes de gaieté alternant avec celles de la plus grande dépression, d'Alembert, qui, paraît-il, ne détestait pas les propos un peu lestes,  savait aussi être "aimable comme un ange dans la conversation".
D'Alembert, une personnalité complexe. Attachante.  

 


publié dans : Portraits
recommander communauté : Histoire commentaires (0)   

Ego...

J'aime Paris, Venise et le XVIIIème.
Tout ou presque tout m'intéresse dans ce siècle, 
"siècle du plaisir qui, loin de le traiter comme une vaine dissipation, s'y plonge avec délices et s'abandonne jusqu'au vertige à l'enchantement des sens ". 
En m'excusant auprès de ceux qui auraient un soupçon de connaissance sur les sujets effleurés et en espérant ne
pas donner la migraine à l'université...
 

Calendrier

Juillet 2008
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Recherche

Blog : Enfants sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus