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Mercredi 9 avril 2008
Vedute du château de Dux


Casanova passa ses dernières années dans les brumes glacées de Bohême, dans le château de Dux, ou le comte Waldstein (neveu du Prince de Ligne) l'employa pendant treize ans en tant que bibliothécaire.
Livré à une domesticité brutale, loin de la douceur vénitienne et de ceux qui lui étaient chers, conscient de l'effondrement du monde qui avait été le sien, celui de "la douceur de vivre", sa seule consolation fut une petite chienne, Melampyge, à laquelle il s'attacha profondément.

" J'écris, raconte Casanova,  dans l'espoir que mon histoire ne voit pas le jour.. Si cela n'arrive pas, le lecteur me pardonnera, quand il saura  que celui d'écrire mes mémoires fut  le seul remède que j'ai cru pouvoir employer pour ne pas mourir de chagrin à cause des désagréments que les coquins  qui se trouvaient dans le château du comte Waldstein à Dux m'ont fait essuyer".
Le comte Waldstein


Le prince de Ligne a laissé un précieux témoignage sur ce que fut la vie de Casanova à Dux.

" Il n'y avait pas de jour où, pour son café, son lait, son plat de macaroni qu'il exigeait, il n'eût de querelle dans la maison. Le cuisinier lui avait manqué la polenta, l'écuyer lui avait donné un mauvais cocher pour venir me voir (...).
Plus de convives que n'en attendait Waldstein étaient cause qu'il avait mangé à une petite table. Un cor de chasse avait déchiré ses oreilles par quelques sons aigres et faux.
Le curé l'avait ennuyé en s'avisant de le
convertir. (...). La soupe, par malice, lui avait été servie trop chaude. Un valet l'avait fait attendre pour lui donner à boire. (...)
Il a parlé allemand, on ne l'a pas entendu. Il s'est fâché, on a ri. Il a gesticulé en déclamant des vers italiens, on a ri. Il a fait, en entrant, la révérence, comme le lui avait appris Marcel, la fameux maître de danse, il y a soixante ans, on a ri. Il a fait, à chaque bal, le pas grave de son menuet, on a ri. Il a mis son plumet blanc, son droguet de soie doré, sa veste de velours noir et ses jarretières à boucles de strass sur des bas de soie à rouleau, on a ri.
"Cospetto ! disait-il, canaille que vous êtes, vous êtes tous des Jacobins, vous manquez au comte, et le comte me manque en ne vous punissant pas."


A lire, l'excellent
Les Derniers jours de Casanova  d'Alain Vircondelet (Flammarion)


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Mercredi 9 avril 2008



Etude pour le Serment du Jeu de Paume

Jacques-Louis David
(Paris 1748 - Bruxelles 1825)
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Mardi 8 avril 2008

Rédacteur de Hara-kiri, puis de Charlie-Hebdo, aujourd'hui collaborateur du "Nouvel Observateur", Delfeil de Ton nous parle ici d'un nouveau roman paru chez Grasset : " L'aérostat " de Elise Fontenaille.

Résumé du Nouvel Observateur :
"Pourquoi donc l`aérostat? Nous sommes en 1783: alors que le marquis de Sade est emprisonné à Vincennes, que les bordels fourmillent de sosies de la reine -les ressembleuses- et que les frères de Montgolfier tentent de "s`envoyer en l`air", Juliette, rédactrice au Journal de Paris veut être la première femme à survoler Paris en ballon. Et tant qu`à jouer les filles de l`air, elle veut libérer Sade! "

En quelques lignes, ce qu'en pense Delfeil de Ton :
" C'est bien écrit, un peu languissant, un peu trop démonstratif, mais très original, on s'instruit, on voit comment fonctionnent les ballons, c'est un roman de la curiosité scientifique et un roman libertin. C'est plaisant, on peut le lire, on peut aussi ne pas le lire"...

Pourquoi en effet ne pas le lire ? Et commencer bien sûr par... le premier chapitre ...
 

L'aérostat
Elise Fontenaille
(Grasset)



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Mardi 8 avril 2008


Pair de Flandre, maréchal du Hainaut, pair de Namur et d'Artois,  général et chevalier de la Toison d'or, à la tête d'une immense fortune, le prince de Ligne fut non seulement une des figures cosmopolites les plus marquantes du XVIIIe, le confident de toutes les cours d'Europe, mais aussi un écrivain de valeur.
Ses oeuvres (33 volumes) publiées en français entre 1795 et 1809 à Vienne, contiennent les
"Fragments sur Casanova" et "Aventures", deux jugements contemporains du Vénitien.

Casanova n'eut pas d'ami plus admiratif que le prince de Ligne.

" Il n'y a pas de choses dans le monde qu'il ne fût capable de faire : il aime, il convoite tout, et après avoir eu de tout, il sait se passer de tout ".
Et parmi ces "choses" dans lesquelles Giacomo Casanova excellait, c'était bien dans l'art de la conversation, poussé, au 18è,  au suprême degré: 
"Chacun de ses mots est une révélation et chacune de ses pensées un livre".

En juin 1787, Ligne écrivit à Casanova alors âgé de 62 ans :

" Adieu, mes chers deux Casanova, j'aime autant celui d'à présent que celui de 36 ans; et si j'étais une femme, je vous le prouverais. Je me détache avec peine de votre corps et de votre esprit, je ne me détacherai jamais de votre coeur, le mien étant tout à vous, mon cher ami.
Je ne sais plus, cher ami, ce que dit et fait ma tête que j'ai toujours eu branlante et branleuse dans toutes les opinions. Mais mon coeur tout haut et tout bas me dit qu'il est à vous; et encore n'est-il pas pur dans ce sentiment, car il y a de l'orgueil à aimer et être aimé d'un homme comme vous, qui faites l'arrière-garde des gens les plus célèbres qui existaient autrefois :
Veni, Vide et Vincam, au Noble jeu de Dam ! ".
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Mardi 1 avril 2008


Sous le règne de Louis XV, une étrange manie envahit Versailles : affubler tel ou tel personnage de haut rang de sobriquets pour le moins surprenants.

Pendant la faveur de la duchesse de Chateauroux, les femmes admises aux soupers portaient des surnoms:

Mme de Flavacourt était "la poule". Mme de Lauragais "la rue des mauvaises paroles".
Cette même Mme de Lauragais, que l'on surnommait aussi "la grosse réjouie" distribuait à tout va des sobriquets, ce qui amusait fort Louis XV.
M. d'Argenson devint ainsi "le veau qui tete", M. de Saint-Florentin "le cochon de lait", M. de Maurepas "le chat qui file", le cardinal de Tencin "l'autruche", le cardinal de Rohan "la poule qui couve", le duc de Gesvres "la chèvre".


Le roi
lui-même donna dans ce travers et Mesdames Victoire, Adelaide, Sophie et Louise devinrent "Coche", "Loque", "Graille" et "Chiffe".

Madame de Pompadour
,
séduite sûrement par l'humour de "la grosse réjouie", surnomma le cardinal de Bernis " le pigeon pattu", le duc de Chaulnes "le cochon", Saint Florentin "le petit saint" , Paris du Verney " le nigaud" et le marquis de Paulmy " la petite horreur".

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Ego...

J'aime Paris, Venise et le XVIIIème.
Tout ou presque tout m'intéresse dans ce siècle, 
"siècle du plaisir qui, loin de le traiter comme une vaine dissipation, s'y plonge avec délices et s'abandonne jusqu'au vertige à l'enchantement des sens ". 
En m'excusant auprès de ceux qui auraient un soupçon de connaissance sur les sujets effleurés et en espérant ne
pas donner la migraine à l'université...
 

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