Franklin
" Les Français en général sont un peuple aimable, et j'ai la bonne fortune de jouir d'autant d'estime et d'affection de toutes les classes de la société que je pouvais espérer", écrivait  Benjamin Franklin à sa sœur en avril 1779.
 Célèbre bien avant son arrivée à Paris, ce savant américain se doublait d'un homme bon, simple, tolérant, qui ne devait sa respectabilité qu'à ses seuls mérites .

Franklin, de par ses qualités et son aspect un peu "rustique" qui collait si parfaitement à cette image stéréotypée du " bon sauvage " très en vogue en ces années là, connut  une popularité sans pareille dans cette France des Lumières qui oscillait  entre réformes et conservatisme...  mélange "de luxe révoltant et de misère affreuse" (Voltaire), 

Paris, subjugué, célébra en lui le représentant de l'esprit philosophique, du savoir, de la liberté et du progrès. "Eripuit coelo fulmen, sceptrumque tirannis " (Turgot). (Il arracha la foudre au ciel, et le sceptre à la tyrannie)

Franklin mit ses talents d'observateur au service de la science expérimentale et fut, on le sait, à l'origine de bon nombres d'inventions : du poêle à combustion  interne, du paratonnerre mais aussi ... des lunettes à double foyer.

L'âge arrivant, Franklin devait utiliser deux paires de lunettes: l'une pour voir de près, l'autre pour voir de loin. Manipulations qui peuvent devenir fort irritantes, on peut le comprendre....

Aussi eut-il l'idée de couper ses verres en deux, disposant les moitiés de ses verres les moins convexes dans la partie haute de sa monture, et les moitiés les plus convexes dans la partie basse.  

Dans une lettre du 21 août 1784, Franklin explique, croquis à l'appui, à l'un de ses amis, George Watley,  sa découverte : des lunettes " qui me permettent de voir des objets aussi bien lointains que proches et qui donnent à mes yeux une acuité qu'ils n'ont jamais eue". !


lettre Benjamin Franklin

 

                

 

 

 


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chantalthomastestamentolympeElle s'appelait Ursule, on la rebaptisa Olympe, on eut pu la prénommer Justine. Justine ou l'infortune, non de la vertu, mais de la misère. Et de la misère la plus noire, la plus définitive lorsque, sous Louis XV, on appartient à ce magma informe, le peuple, qui "ne compte pas"  pour ce roi si beau et si mélancolique, mais habité par la mort, le péché et le stupre.
Olympe, c'est le refus, la désobéissance.
Elle veut fuir Bordeaux, sa ville natale : "quand j'étais petite, les gens crevaient de faim, les cadavres se ramassaient dans les rues, sur les quais" . Elle veut fuir sa famille, mystique en diable, père prônant la pauvreté, mère ancienne convulsionnaire, en perpétuelle génuflexion.

Son avenir, elle n'en a pas ou si elle en a un, c'est celui de sa plus jeune sœur : le couvent, ces "mouroirs pour petites filles", avec ses murs humides et suintants qui glaçent le corps et l'âme, avec  sa mère supérieure qui "à la façon dont elle agitait son chapelet faisait craindre qu'elle ne s'en servit pour vous cingler les yeux". 

Olympe, prête à tout pour échapper à cet enfer.

Et l'homme qu'elle crut providentiel fut celui qui régnait en maître en Aquitaine, le maréchal-duc de Richelieu. Richelieu... libertin et "gamahucheur" notoire, vieux barbon qui sentait le musc à cent lieues à la ronde, plein de morgue et de mépris " il méprisait tout le monde, le peuple, les bourgeois, les nobles, sauf lui-même et le Roi " et qui était, après Lebel*, le grand pourvoyeur de jeunes filles capables de satisfaire la sexualité trouble de son maitre: Louis XV.
Olympe partira  à Paris. Dans les bagages de Richelieu, assise entre quantité de victuailles, de vins de Bordeaux et de ... quelques jeunes filles du terroir que le maréchal-duc logeait et que l'on appelait "les gueuses de Richelieu". 

Mais sur la route de Paris, Olympe pense alors "rouler avec la puissance".
Si elle a évité la prison grise et suintante qu'est le couvent, elle n'évitera pas une autre prison, certes dorée et moelleuse mais tout aussi corruptrice: "le pavillon des petites maîtresses" appelé aussi "le pavillon des maîtresses subalternes", à savoir le Parc-aux-Cerfs
Olympe  plut à Louis XV, ce roi triste, "au coït triste". Un fils lui naquit. Et la jeune femme se prit à rêver. A rêver de détrôner l'Indétrônable : la favorite en titre, malade et usée, Madame de Pompadour. Erreur fatale.

Elle fut exilée dans une autre prison, celle du mariage (avec un noble désargenté), dans une province française glaciale et désertique qu'elle quittera avec la malédiction de son époux. 

A Paris, alors qu'elle agonise sur une paillasse humide et immonde, elle retrouvera sa jeune sœur à laquelle elle livrera ses mémoires, son testament.
 

  * Lebel était  le valet de chambre de Louis XV.


Le livre de Chantal Thomas est un livre noir, très noir. Féroce, sans concessions.Nous sommes ici loin de l'univers du boudoir et de ses girandoles.

C'est aussi un livre procès.

Procès de cette France qui pour le petit peuple n'avait rien de cette "douceur de vivre" que regrettèrent un jour certains. Procès de Louis XV et de Richelieu, symbole de cette aristocratie pervertie et impitoyable , ces "deux imposteurs, deux ratés conscients de l'être et, pour cela, d'effroyables malfrats, des brigands endurcis dans le vice et toutes les pratiques du crime".

 

Le testament d'Olympe

Chantal Thomas

Seuil

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Les  "Petits Riens" , ballet pantomime - 1778.

C'est délicieux, c'est délicat. C'est Mozart.

Certains diront " c'est mignard ". Soit. Mais en ces temps "épais" où l'esprit de sérieux semble l'emporter, je revendique mon appétit pour ce genre de "mignardises".

 

Et ou peut-on voir ces "Petits Riens" dansés par la compagnie de danse baroque "l'Eventail" ?  A l'Opéra Royal de Versailles,  le 4 et 5 décembre 2010 et à l'Opéra de Poissy, le 10 décembre.

 

Cette compagnie l'Eventail nous réserve pour le mois de janvier 2011 un autre spectacle "Métamorphoses" qui si j'en crois (et pourquoi ne pas le croire) l'article enthousiaste de Raphaël de Gubernatis ("Nouvel Observateur") est à ne manquer sous aucun prétexte.

Article que l'on peut lire ICI

 

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lettreTallien1

 

Marat disait de lui qu'il était "un intrigant cupide qui cherche des places" .

En août 1793,  Tallien fut envoyé en mission à Bordeaux pour y rétablir l'ordre. Il y fit merveille:  faisant exécuter le maire Saige, rebaptisant le département de la Gironde Bec d'Ambès, taxant les riches bordelais, vivant dans le faste et s'affichant avec la belle et très riche Thérésa Cabarrus, divorcée de l'ex-noble, M. de Fontenay. Arrêtée en 1793 en vertu de la loi des suspects, Tallien fit libérer sa maîtresse, assouplit la répression et n'exécuta plus vraiment les ordres du Comité de Salut Public 

 Accusé entre autre de modérantisme par l'Assemblée, désavoué par le Comité, il fut rappelé à Paris et sommé de s'expliquer.

 Thérésa Cabarrus, l'ayant rejoint, fut à nouveau arrêtée sur ordre du Comité.

 

Cette lettre, adressée à Robespierre, est sûrement la dernière tentative de Tallien pour sauver sa tête. Se sentant de plus en plus menacé, il entra, avec Fouché et Barras, dans la conjuration du 9 Thermidor.

 


 

 

  Tallien à Robespierre

Paris, 25 prairial, 2è année

 

L'imposture soutenue par le crime.... Ces mots terribles et injustes, Robespierre, retentissent dans mon âme ulcérée. Je viens, avec la franchise d'un homme de bien, te donner quelques éclaircissements. Des intrigants, qui aiment à voir les patriotes divisés, t'entourent depuis longtemps et te donnent des préventions contre plusieurs de tes collègues, et surtout contre moi. Ce n'est pas la première fois qu'on en use ainsi. On doit rappeler ma conduite dans un temps où j'aurais eu bien des vengeances à exercer. Je m'en rapporte à toi. Hé bien ! Robespierre, je n'ai changé ni de principes ni de conduite. Ami constant de la justice, de la vérité et de la liberté, je n'ai pas dévié à un seul moment.

Une simple explication sur la scène qui a eu lieu aux Tuileries eût pu empêcher celle qui s'est passée à la Convention. Nous étions trois députés, et certes, nous savons assez respecter notre caractère pour ne pas aller en public faire le métier de spadassin; au reste, je m'en rapporte à cet égard à ce que j'ai écrit à Billaud.

Quant au propos que l'on me prête, je le nie. Je sais que l'on m'a peint aux yeux des comités comme un homme immoral. Eh bien ! que l'on vienne chez moi, et l'on me trouvera, avec ma vieille et respectable mère, dans le réduit que nous occupions avant la Révolution. Le luxe en est banni; et à quelques livres près, ce que je possède n'a pas augmenté d'un sou.

Demande à ceux qui connaissent Bordeaux, quelle a été ma conduite dans cette commune. Ils te diront que l'énergie, la sagesse et la justice ont présidé à toutes mes opérations.

J'ai pu, sans doute, commettre quelques erreurs; mais elles ont été involontaires et inséparables de l'humaine faiblesse. Voici ma profession de foi, et jamais je ne m'en écarterai :

- Celui-là est un mauvais citoyen, qui retarde la marche de la Révolution : Je suis prêt à prouver que je ne suis pas un mauvais citoyen.

Que l'on examine ma conduite toute entière, je ne redoute rien.

Ne crois pas que ce soit la crainte qui me fasse ainsi parler, mais bien le désir de servir ma patrie, et de prouver que je mérite l'estime de mes collègues et de mes concitoyens.

Tels sont, Robespierre, mes sentiments; jamais ils ne changeront. Vivant seul et isolé, j'ai peu d'amis, mais je serai toujours de tous les vrais défenseurs des droits du peuple.

Signé Tallien

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Voilà ce que les visiteurs pourront voir pendant quelques mois, du 14 septembre au 12 décembre 2010, lors de leur visite à Versailles : les fleurs de Murakami.

" L'une des stars les plus cotées de l'art contemporain , dont l'oeuvre est inspirée des mangas, investira les Grands Appartements du château, la galerie des Glaces et le jardin, pour y présenter vingt-deux sculptures et peintures, dont onze ont été créées spécialement pour l'exposition."

 

 

Détails de cette exposition (qui provoque d'ores et déjà maints remous) dans cet article du journal le Monde.

 

Bien que n'étant ni Versaillaise, ni... ni..  *** ,  j'ai pourtant  envie ce soir d'ouvrir ici une rubrique "Grogne". !

 

**** ni appartenant à des "cercles d'extrême droite intégristes et de cercles très conservateurs" pour reprendre les termes de Jean-Jacques Aillagon, président de l'établissement public du château de Versailles.

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fragonard.jpg

 

 

" La duchesse d'Holstein, dont le mari était fort coquet, disait : "Je ne me soucie pas que mon mari promène son coeur pendant tout le jour, pourvu que le soir il me le rapporte".

François Gayot de Pitaval

 

 

 

 

 

 

 

 

"Amour et Libertinage"

Collection "Esprit  XVIIIe"

au Chêne, Editeur

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Ego

 

MARTINEC
 
J'aime Paris, Venise.
 Et le 18ème.

 Tout ou presque tout m'intéresse dans ce siècle, "siècle du plaisir qui, loin de le traiter comme une vaine dissipation, s'y plonge avec délices et s'abandonne jusqu'au vertige à l'enchantement des sens .
En m'excusant auprès de ceux qui auraient un soupçon de connaissance sur les sujets effleurés et en espérant ne
pas donner la migraine à l'université...
Martine Chabbert
.

 




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