Critique
de Philippe-Jean Catinchi "Le Monde des Livres" du 07-02-2008
D'où le malaise devant une somme où il semble que le ton doive emprunter à Fouquier-Tinville pour pourfendre ses compagnons d'idéologie. Même Jean-Christian Petitfils, étudiant avec pertinence "la révolution de la souveraineté" à la veille de 1789, se fend d'une charge contre ceux qui ont "odieusement piétiné" la mémoire de Louis XVI ! Reste que le livre se découpe en trois parties : la première, s'en tenant aux "faits", mêle les évocations affectives - Diesbach, qui s'indigne qu'une commémoration du massacre des Suisses, le 10 août 1792, ait lieu aux Invalides plutôt qu'à Notre-Dame (!) - et les apports réels (Bruno Centorame, Christophe Boutin), les analyses fines et les discours abrupts qu'aucun apparat critique n'étaie.
La copieuse anthologie de textes qui clôt l'ensemble, intéressante, manque pareillement de présentation critique, les informations liminaires ne pouvant en tenir lieu. Et que dire d'un chapitre "divers" qui dévoile crûment l'amateurisme du plan.
Reste le volet central, consacré au "génie" (?). Proposant de Malesherbes et Rivarol à Bernanos et Arendt une vingtaine de figures littéraires qui ont abordé le séisme révolutionnaire, cette partie médiane, si elle n'échappe pas au ton imprécateur ou partisan qui ruine la leçon d'exemplarité méthodologique qu'elle prétend proposer, permet de revisiter une généalogie intellectuelle méconnue et de (re)découvrir Donoso Cortès, sinon Augustin Cochin.
C'est peut-être maigre pour justifier un projet flou, mal bâti et qui a la sottise de pronostiquer l'avenir des commémorations de la Révolution. Ce style de plaisanterie dit assez à quel point nul ne sait ce qu'il a en main.
Sous la direction de Renaud Escande
Cerf







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