Rédacteur de Hara-kiri, puis de Charlie-Hebdo, aujourd'hui
collaborateur du "Nouvel Observateur", Delfeil de Ton nous parle ici d'un nouveau roman paru chez Grasset : " L'aérostat
" de Elise Fontenaille.
Résumé du Nouvel Observateur :
"Pourquoi donc l`aérostat? Nous sommes en 1783: alors que le marquis de Sade est emprisonné à Vincennes, que les bordels
fourmillent de sosies de la reine -les ressembleuses- et que les frères de Montgolfier tentent de "s`envoyer en l`air", Juliette, rédactrice au Journal de Paris veut être la première femme à
survoler Paris en ballon. Et tant qu`à jouer les filles de l`air, elle veut libérer Sade! "
En quelques lignes, ce qu'en pense Delfeil de Ton
:
" C'est bien écrit, un peu languissant, un peu trop démonstratif, mais très original, on s'instruit, on voit comment
fonctionnent les ballons, c'est un roman de la curiosité scientifique et un roman libertin. C'est plaisant, on peut le lire, on peut aussi ne pas le lire"...
Pourquoi en effet ne pas le lire ? Et commencer bien sûr par... le premier chapitre ... là
L'aérostat
Elise Fontenaille
(Grasset)
Bataille de Fleurus
Morts de Quatre-vingt-douze et de Quatre-vingt-treize,
Qui, pâles du baiser fort de la liberté,
Calmes, sous vos sabots, brisiez le joug qui pèse
Sur l'âme et sur le front de toute humanité ;
Hommes extasiés et grands dans la tourmente,
Vous dont les coeurs sautaient d'amour sous les haillons,
O Soldats que la Mort a semés, noble Amante,
Pour les régénérer, dans tous les vieux sillons ;
Vous dont le sang lavait toute grandeur salie,
Morts de Valmy, Morts de Fleurus, Morts d'Italie,
O million de Christs aux yeux sombres et doux ;
Nous vous laissions dormir avec la République,
Nous, courbés sous les rois comme sous une trique.
- Messieurs de Cassagnac nous reparlent de vous !
Arthur Rimbaud - Mazas, 3 septembre 1870
* Arthur Rimbaud était âgé de seize ans lorsqu'il écrivit cette ode à la République
Derniers Commentaires